Covid-19 : l’obligation du passe sanitaire, un casse-tête pour les entreprises

Des supporteurs regardent le match de football de l’Euro entre la France et la Hongrie, à la terrasse d’un café parisien, le 19 juin 2021.

« Aujourd’hui, je me suis senti concerné par deux annonces, une pour la semaine prochaine, une pour après. » Barthélémy Jeanroch, le directeur du centre commercial B’EST, en Moselle, et de B’Fun Park, l’espace de loisirs indoor attenant, préfère garder le sourire après les déclarations d’Emmanuel Macron, lundi 12 juillet. Le chef de l’Etat a indiqué que le passe sanitaire sera étendu pour les plus de 12 ans dès le 21 juillet aux « lieux de loisirs et de culture » rassemblant plus de 50 personnes. Puis, début août, après promulgation d’un texte de loi, aux cafés, restaurants, centres commerciaux mais aussi lors des longs trajets en avion, train et car. « Seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu’ils soient clients, usagers ou salariés », a-t-il détaillé.

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Immédiatement, M. Jeanroch a tenté de vérifier « par une boucle WhatsApp avec [son] personnel si tout le monde était vacciné. C’est quand même une donnée qui ne regarde pas l’employeur ». Mais le nouveau dispositif pose de nombreuses questions sur sa mise en œuvre. « Si un salarié refuse, qu’est-ce que j’en fais ? On ne peut pas le licencier. Je ne peux pas le laisser à la maison et ne pas le payer », s’interroge-t-il. « Doit-on le mettre en arrêt maladie ? Qui paie ? », renchérit Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce.

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Les centres commerciaux comme B’EST, qui accueille jusqu’à 30 000 personnes par jour, vont devoir exercer les contrôles. « On ne sait pas faire, lance M. Jeanroch. On n’est pas habilité à lire les QR codes, les gens vont nous montrer un code et on va les laisser passer. » Et tout cela a un prix. « Ça va nous coûter une fortune. Un agent à chacune des quatre portes d’entrée pendant 12 heures sur 6 jours… »

« Ce n’est pas à nous de faire la police »

Les grandes surfaces alimentaires sont encore moins sereines. « On ne peut pas interdire aux gens de faire leurs courses ou d’aller dans une pharmacie. Ce sont des besoins essentiels, souligne Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution. Et parmi nos salariés, il y a beaucoup de jeunes. Le temps qu’ils se vaccinent, il leur faudra faire un test PCR tous les trois jours ? Ce sera compliqué à gérer. » « Attendons que la loi soit votée », conclut Gontran Thüring, délégué général du Conseil national des centres commerciaux.

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