Covid-19 : une étude française confirme l’efficacité des vaccins sur plus de 22 millions de personnes

Les auteurs montrent, sur la plus vaste population étudiée au monde, que les sujets vaccinés de 50 ans et plus ont neuf fois moins de risque d’être hospitalisés ou de mourir du SARS-CoV-2 que les personnes non vaccinés. Cela, jusqu’à cinq mois après avoir reçu une seconde dose.

La confirmation de l’ampleur de l’efficacité de la vaccination, en France, parviendra-t-elle à faire fléchir le dernier carré des indécis ? « Les personnes vaccinées de 50 ans et plus ont neuf fois moins de risque d’être hospitalisées ou de mourir du Covid-19 que les non-vaccinées », résument les auteurs de deux rapports publiés lundi 11 octobre par EPI-Phare, un groupement d’intérêt scientifique placé sous la double tutelle de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et de la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM).

Les auteurs ont analysé les effets des trois principaux vaccins qui sont ou ont été utilisés en France, Comirnaty (Pfizer), Spikevax (Moderna) et Vaxzevria (AstraZeneca). « En conditions de vie réelle, ces trois vaccins montrent une efficacité comparable et très élevée, sur un nombre très important de personnes. Cela, quel que soit l’âge à partir de 50 ans. De plus, cette efficacité se maintient dans le temps, sans montrer de baisse sur les quatre à cinq mois de suivi », résume Mahmoud Zureik, directeur d’EPI-Phare et professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin (Yvelines).

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Fait sans précédent, ces deux analyses ont été réalisées sur un total de 22,6 millions de personnes. Ce sont « les études épidémiologiques analysant l’efficacité “en vie réelle” des vaccins qui portent sur le plus grand nombre de personnes dans le monde », souligne Antoine Flahault, professeur d’épidémiologie et directeur de l’Institut de santé globale à Genève. « Les études israéliennes sur le sujet, elles, ont inclus près de 6,5 millions de participants, les études britanniques 2,6 millions et les études nord-américaines 3,4 millions », précise l’épidémiologiste suisse.

Ces deux études confirment l’efficacité des essais cliniques déjà réalisés avec ces trois vaccins, dans des conditions très contrôlées, éloignées de la vie réelle. Surtout, elles confirment les données déjà publiées sur l’impact des campagnes de prévention menées en Israël (The Lancet, 5 mai 2021), en Amérique du Nord et au Royaume-Uni. Dans tous les cas, l’efficacité des vaccins sur les formes graves et sur les décès liés au Covid-19 était de l’ordre de 90 % à 97 %.

Analyses mathématiques sophistiquées mais éprouvées

« Une fois les essais cliniques terminés, la convergence de leurs résultats avec ceux des études épidémiologiques “observationnelles” est très importante », estime Antoine Flahault. Ces deux études viennent donc « renforcer la conviction des épidémiologistes de la très grande efficacité de ces trois vaccins sur les formes graves ». En mai déjà, une première étude d’EPI-Phare, réalisée sur plus de 4 millions de personnes, avait montré que les personnes de 75 ans et plus, vaccinées entre le 27 décembre 2020 et le 24 février, avaient neuf fois moins de risque d’être hospitalisées pour Covid-19 que les non-vaccinées. Cette première analyse n’avait cependant pas inclus les 50-75 ans.

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