Crack à Paris : Anne Hidalgo veut ouvrir quatre nouveaux sites pour les consommateurs

La maire de Paris, Anne Hidalgo, lors de sa visite dans les Jardins d'Eole après l’ évacuation des usagers du crack, dans le 18e arrondissement de Paris, le 30 juin 2021.

Après des décennies de bricolage, une solution durable va-t-elle enfin aboutir pour résoudre le problème lancinant du crack à Paris ? C’est ce que souhaite Anne Hidalgo. Dans un courrier envoyé le lundi 30 août au premier ministre, Jean Castex, la maire socialiste de Paris propose à l’Etat une première étape, qui consisterait à ouvrir dans la capitale quatre lieux d’accueil supplémentaires pour les consommateurs de cette « drogue du pauvre » extrêmement addictive. Objectif affiché : « Sortir ces personnes de la rue et de leur dépendance. »

Stalingrad, Barbès, gare du Nord, La Chapelle… Depuis trente ans, les consommateurs parisiens de crack sont renvoyés d’un lieu à un autre, et se retrouvent à errer, de jour comme de nuit, dans une petite zone du Nord-Est parisien où les habitants n’en peuvent plus. En mai, la Mairie et l’Etat ont incité les toxicomanes à se regrouper la nuit dans un parc public, les Jardins d’Eole, plutôt que dans les rues et les places du quartier. Il s’agissait alors de soulager les riverains de la place de Stalingrad.

Lire l’enquête : Regrouper les usagers de crack dans les jardins d’Eole à Paris revient à les « repousser dans les interstices de la ville »

Puis, fin juin, la Mairie a, au contraire, interdit l’accès des « crackeux » aux Jardins d’Eole, afin que les voisins puissent retrouver un peu de tranquillité et l’usage normal de leur parc. Depuis, les toxicomanes n’ont plus de lieu spécifique où se retrouver, mais un grand nombre d’entre eux campe devant les grilles du parc, au grand désespoir des riverains excédés. Les violences sont quotidiennes. « Nous sommes dans une situation d’urgence, qui s’est aggravée durant l’été », reconnaît François Dagnaud, le maire (Parti socialiste) du 19e arrondissement.

Un site réservé aux femmes toxicomanes

Comment en sortir ? Pour les élus de gauche à la tête de Paris, la solution consiste à la fois à durcir l’action de la police contre le trafic de drogue et à mieux prendre en charge les consommateurs, en ne les concentrant plus sur un seul site. La Mairie souhaite la constitution d’un « réseau métropolitain de prise en charge du crack », avec des lieux multiples, « disséminés dans l’ensemble du territoire du Grand Paris », ainsi que l’écrit Anne Hidalgo.

Sans attendre que d’autres communes agissent, la Ville de Paris a identifié quatre bâtiments qui, dans la capitale, pourraient accueillir les accros au crack. Anne Hidalgo propose ainsi « un site adapté pour des accueils jour-nuit et une activité de soins » dans le quartier de Pelleport (20e arrondissement), deux sites près des Grands Boulevards, à la limite du 10arrondissement et de Paris Centre, et un site dans le 19e arrondissement qui pourrait être réservé aux femmes toxicomanes, « afin de lutter contre les violences spécifiques qu’elles subissent ».

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