Crise de la filière bois: nouvelles coupes dans les effectifs de l’Office national des forêts

« Cette fois, c’est le coup de grâce », pouvait-on entendre, vendredi 18 juin, en interne. Ce jour-là, la direction de l’Office national des forêts venait de dérouler le plan prévu par l’Etat pour l’organisme de gestion des forêts publiques françaises pour les cinq prochaines années. Avec, à la clé, de nouvelles suppressions d’emplois : près de 500 sur les 8 400 existants.

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Attendu avec impatience, ce nouveau contrat s’inscrit dans la continuité de l’affaiblissement de cet organisme, qui gère un quart de la forêt française et est en proie depuis des années au malaise social et aux difficultés économiques. En l’espace de vingt ans, il a perdu près de 40 % de ses effectifs. Et voit, chaque année, le plafond de sa lourde dette repoussé. Il devrait encore atteindre 481 millions d’euros en 2021 pour un budget global de 700 millions. Ce contrat vise à « stabiliser et donner des perspectives » à l’ONF, se défend-on au ministère de l’agriculture, qui table sur un retour à l’équilibre en 2025.

Taxer les communes forestières

Le gouvernement a par ailleurs consenti à lui verser, sur trois ans, 60 millions d’euros de subventions exceptionnelles en plus des 140 millions récurrentes chaque année. Un objectif cependant jugé « illusoire » en interne, où ces gestes sont qualifiés d’insuffisants. « Le seul moyen que l’Etat propose pour parvenir à l’équilibre consiste à augmenter les recettes des ventes de bois mais on ne voit pas comment les cours peuvent augmenter , ou encore d’accroître la contribution des communes forestières [qui tirent des revenus de l’exploitation du bois brut]», analyse Arnaud Metais, coordinateur du syndicat EFA-CGC.

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Or, celles-ci ont souvent à pâtir de soucis budgétaires « en raison justement de la crise sur les résineux ». Cette dernière piste n’a d’ailleurs pas manqué de déclencher l’ire de la Fédération nationale des communes forestières. « On nous demande de ne pas vendre le bois cher à l’export pour essayer de vendre à nos entreprises nationales, on nous demande de contractualiser pour les approvisionner correctement, on nous demande des tas d’efforts et, de l’autre côté, on nous annonce qu’on va nous taxer de 10 millions de plus à la sortie », a déploré auprès de l’AFP, Dominique Jarlier, président de cette fédération. La crise est donc loin d’être soldée.