Dans « Cooking with Paris » sur Netflix, Paris Hilton incarne une vraie fausse bimbo aux fourneaux

Paris Hilton dans « Cooking with Paris ».

NETFLIX – À LA DEMANDE – SÉRIE

Après avoir trempé, sur YouTube, un orteil – soigneusement peint d’un vernis à paillettes – dans l’eau de cuisson, Paris Hilton, petite-fille d’un magnat de l’hôtellerie, première influenceuse et vedette planétaire de la télé-réalité, aujourd’hui à la tête d’un empire cosmétique qui l’a rendue milliardaire, se plonge carrément dans le bain d’une série culinaire, sur Netflix.

Le problème est qu’elle ne sait à peu près rien faire en cuisine. Mais, ainsi que le reconnaît Demi Lovato, l’une de ses invitées, qui est dans la même situation : « Je pense que c’est ça qui va être drôle ! » Et comment ! Paris réalise tant bien que mal des recettes (de junk food, pour l’essentiel) et met la main à la pâte en mitaines de dentelle et en robe de marque très bling-bling.

Les franges ou les plumes de ses manches trempent à l’occasion dans le saladier, et ses jupes très courtes la contraignent à refuser de lever les bras pour allumer la hotte… De toute façon, elle ne l’a jamais utilisée et ne sait même pas comment s’appelle cette machine qui lave la vaisselle… « Une machine à laver la vaisselle », lui rappelle une autre invitée, sa copine Kim Kardashian, un peu plus dégourdie.

Superficialité apparente

Comme dans ces émissions où l’on nettoie et range des appartements crasseux ou désordonnés, la production en remet probablement des couches pour accentuer l’incompétence de Paris tout en corrigeant certaines erreurs, afin qu’il y ait quelque chose à montrer à la caméra… La timbale de l’incompétence culinaire est décrochée quand, au cours du dernier épisode, Paris, sa sœur Nicky et leur mère, Kathy Hilton, se rendent compte que pour obtenir des rondelles d’oignon à frire, il faut couper le bulbe dans un certain sens…

Paris fait du Paris Hilton à 500 %, en surjouant sa superficialité apparente et ses tics : faire des selfies pour son compte Instagram à 15,5 millions d’abonnés, alors que le four sent le roussi, se reparfumer entre deux bains de friture, parler d’une voix artificielle, merveilleusement parodiée par la drag-queen trans Gottmik. Mais on sent qu’elle n’est pas dupe.

On s’en persuadera en regardant le documentaire This Is Paris (2020), d’Alexandra Dean, en libre accès sur YouTube. Paris Hilton y parle, sans fard et sans effet de voix, d’une jeunesse marquée par la violence d’un établissement de redressement où ses parents l’avaient cloîtrée. Elle y déconstruit aussi avec lucidité ce « rôle » de poupée Barbie dont elle projette encore, à 40 ans, l’apparence factice, devenue son image de marque et sa prison.

Il vous reste 12.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.