Dans « Ecole ouverte », Jean-Michel Blanquer vent debout contre les voix discordantes

Livre. A quelques jours de la rentrée scolaire, le ministre de l’éducation nationale, en déplacement dans une « école ouverte » pendant les vacances, a répété cette formule à plusieurs reprises : l’« école ouverte » désignait alors le dispositif qu’il visitait, mais elle était aussi le principe à l’œuvre pour la rentrée 2021. Ecole ouverte, c’est désormais le titre d’un petit opuscule que le ministre de l’éducation fait paraître, le 9 septembre, chez Gallimard. Un essai d’une centaine de pages dans lequel il livre ses analyses sur sa propre gestion de la crise sanitaire.

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Le lecteur n’y trouvera pas d’introspection critique, mais plutôt un retour sur les décisions prises, et en premier lieu celle de fermer les écoles le moins longtemps possible. A partir de mai 2020, malgré les inquiétudes, le ministre de l’éducation garde un cap qu’il a sans conteste tenu depuis : la France reste l’un des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) où les écoles ont rouvert le plus vite.

Bien commun

L’ouvrage de Jean-Michel Blanquer dit pourtant moins de l’épreuve que l’école française a traversée que de sa vision du pouvoir, qui devrait selon lui s’exercer – a fortiori en temps de crise – sans avoir à s’embarrasser de voix discordantes. A chaque étape, le ministre de l’éducation fustige telle « polémique inutile » ou tel « travestissement des faits », qui « nuit à la réussite de l’action ». Là où le ministre aurait aimé que l’on salue le dévouement des professeurs à mener l’enseignement à distance, « les journaux sont remplis d’exemples inverses ». Les élus franciliens publient une lettre demandant au ministre de repousser la réouverture, celui-ci juge que « certaines critiques prennent le chemin de la facilité ». Plus tard, lorsqu’une partie des syndicats enseignants organisent une grève, Jean-Michel Blanquer juge l’initiative « discutable ».

Au fil des pages, on décèlera moins son sens de l’intérêt général et la priorité qu’il accorde aux enfants – dont personne ne doute de la part d’un ministre de l’éducation – qu’une méfiance à la limite de l’obsession à l’encontre des diverses opinions contraires qui traversent le monde éducatif. Celles des journalistes, des syndicats, des élus, de tous ceux qui ont trouvé à redire à ses décisions. Dans la deuxième partie de l’ouvrage, ce ministre à la longévité exceptionnelle – il vient d’achever sa cinquième rentrée – dresse aussi le bilan de ses réformes, nombreuses, dont le dédoublement des CP et CE1 en éducation prioritaire.

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