Dans le dédale des labels alimentaires, trop peu de garanties sur leurs bénéfices

Le logo européen AOP (Appellation d’origine protégée) lors du salon AOP devant l’Hôtel de ville de Paris, 18 octobre 2019.

Label rouge, Appellation d’origine protégée (AOP), C’est qui le patron ?!, Agriculture biologique (AB)… Devant un rayon de supermarché, le consommateur peut facilement se retrouver submergé par la profusion d’informations présentes sur les étiquettes. La plupart de ces labels, dont certains sont publics, comme l’AB, et d’autres privés, à l’instar de la marque Bleu-Blanc-Cœur, se targuent de proposer des produits de meilleure qualité et élaborés dans des conditions plus respectueuses de l’environnement et mieux-disantes socialement. Mais quelles garanties offrent-ils réellement ? C’est pour évaluer l’écart entre les intentions affichées et leur impact que trois associations, le World Wide Fund (WWF) avec Greenpeace d’un côté et l’UFC-Que choisir de l’autre, présentent, mardi 28 septembre, deux analyses complémentaires sur les « promesses » des labels.

La première étude, conduite par WWF et Greenpeace, avec le Basic (Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne), porte sur l’impact environnemental et socio-économique d’un panel de onze grands labels, regroupés en trois catégories : ceux qui s’appuient sur le socle de l’agriculture biologique (AB, Demeter, Nature & progrès) ; ceux qui partagent l’approche de la « certification environnementale » (Zéro résidu de pesticide ou Haute valeur environnementale – HVE –, moins contraignants que l’agriculture biologique) ; et les labels définis par filière, comme l’AOP ou le Label rouge.

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Toutes ces démarches sont soumises à une grille d’analyse commune comportant sept critères environnementaux (dérèglement climatique, pollution de l’air, dégradation des sols…) et sept critères socio-économiques (conditions de travail, atteinte d’un niveau de vie décent, impacts sur la santé humaine…). Les auteurs de l’étude ont à la fois épluché les cahiers des charges, mais aussi mené une analyse qualitative, en s’appuyant sur des études publiées et complétées par des entretiens, pour aboutir à une double notation de 1 à 5.

Des résultats hétérogènes

Selon cette grille d’analyse, ce sont les démarches s’appuyant sur l’agriculture biologique qui présentent le plus fort potentiel environnemental et socio-économique, concluent WWF et Greenpeace. « Ce n’est pas une surprise, mais on voit qu’une démarche qui fixe des critères robustes et contrôlés, comme l’interdiction des engrais de synthèse, offre un niveau de garantie supérieur », note Joseph D’Halluin, chargé de campagne « agriculture » à Greenpeace. Les labels liés à des filières, eux, affichent des résultats hétérogènes : le rapport distingue par exemple l’AOP comté, qui présente de bons résultats en matière de modèle agricole ainsi que de construction des prix et de transparence, quand l’AOP cantal obtient des notes bien inférieures.

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