Dans le Loir-et-Cher, une clinique pour maigrir et réapprendre à s’aimer

Mélanie Dorangeville, au centre Théraé, à La Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher), le 30 juin 2021.

Mélanie Dorangeville, 17 ans, chignon haut et jogging ample, est à peine arrivée qu’elle a déjà essayé le tapis de course de la salle de gym. Cette triple championne de France de judo en cadettes et minimes, originaire de Bourges, est passée de 87 à 120 kg en quinze mois, « à cause des confinements, puis d’un cas de Covid-19 dans l’équipe… Tout ça a provoqué l’annulation de tous les entraînements ». Poussée par ses parents, soutenue par leur médecin traitant, Mélanie s’est inscrite pour une hospitalisation estivale à la clinique Théraé, ouverte à La Chaussée-Saint-Victor en 2012 et spécialisée dans le traitement de l’obésité, celle définie par l’OMS comme étant associée à un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30.

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Rayonnant sur toute la région Centre-Val de Loire, le site accueille une majorité d’adultes en surpoids, souffrant de diabète ou de problèmes cardiovasculaires. Une aile à part, fermée par des portes badgées, est réservée à des adolescents : 16 collégiens et lycéens y vivent de septembre à juin. S’ils vont à Blois, la ville voisine, pour suivre leur scolarité, ils prennent chaque repas à la clinique, midi compris. Puis y dorment, comme à l’internat.

Avant même le début des vacances d’été, le lieu reçoit une nouvelle vague d’ados, pour des programmes d’un mois. Y participent Mélanie, mais aussi Devincy Babela, 15 ans, Orléanaise à l’air soucieux. De longues tresses roses et noires tombent sur son sweat à capuche. Elle décrit une longue période de harcèlement : « Du CP au collège, des camarades de l’école, souvent des filles, me traitaient de grosse vache. Moi, je ne disais rien, je me laissais faire. Maintenant, plus question. » Sa venue ici illustre sa reprise en main. « Mon père me soutient. Mais c’est bien normal. Après tout, j’ai hérité de ses rondeurs ! »

Repas individualisés et calibrés

Mélanie Dorangeville (à gauche) et Devincy Babela, au centre Théraé, le 30 juin 2021, à La Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher).

Le public adolescent en situation d’obésité nécessite un surplus d’attention de la part des diététiciens. « Certains s’affirment d’emblée comme sans gluten ou végétaliens, d’autres observent le jeûne du ramadan. Ce sont des enfants qui baignent dans plein de cultures culinaires différentes et qu’on souhaite à tout prix respecter, explique Christine Delesalle, directrice de l’établissement. A table, on leur apprend à manger durant au moins un quart d’heure pour qu’ils découvrent la satiété, à aimer les légumes verts, à alterner les bols et les assiettes… et même à fabriquer son propre hamburger, avec beaucoup moins de gras et de sel. »

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