Dans le Tarn, la « remontada » d’Arnaud Montebourg fait pschitt

Arnaud Montebourg, lors de la visite de l’atelier Missègle, fabricant de pulls et de chaussettes à Burlats (Tarn), et Gaëtan Billant, adjoint à la direction de Missègle, le 4 novembre 2021.

Au lendemain de la visite d’Arnaud Montebourg, dans son usine de confection de pulls, à Labruguière, dans le Tarn, Laurent Brunas jure qu’il ne recevra « plus d’homme politique » dans son établissement. « Ça aura été la première et la dernière fois », dit, vendredi 5 novembre, le dirigeant de la manufacture Regain, visiblement éprouvé.

A son invitation, M. Montebourg, candidat à l’élection présidentielle de 2022, est venu visiter son atelier de tricotage de pulls, la veille. Arrivé par avion au matin, celui qui a pour programme la « remontada », « l’idée que par la politique, les Français ont le pouvoir de faire de grandes choses ensemble pour la France et pour eux », est accompagné de son équipe de campagne et de l’équipe de l’émission télévisée « C’est dans l’air ».

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Au détour de la visite, M. Brunas lui raconte avoir perdu un contrat de fourniture de l’armée. « C’était il y a dix-huit mois », rappelle l’entrepreneur, dont 70 % de la production est vendue à l’administration française. Le contrat de quatre ans, renouvelé une fois, portait sur la fabrication de 20 000 pièces par an. Et, depuis huit ans, il représentait près de 10 % de son activité annuelle.

C’est précisément pour cette raison que M. Montebourg est venu à la manufacture Regain. Son équipe de campagne l’a annoncé la veille aux médias locaux. Le site de France Bleu rapporte alors que « l’armée a préféré un fabricant chinois à Regain pour une de ces dernières commandes de pulls » et que M. Montebourg « vient le dénoncer ». Sur place, comme prévu, celui qui défend « un projet de made in France XXL » raille précisément l’attitude « de notre armée, qui a préféré se fournir en produits fabriqués à l’étranger ». Sur Twitter, sous le hashtag LaRemontada, ses conseillers interpellent Bruno Le Maire, ministre des finances, et l’intiment de réparer le préjudice subi.

« Fake news »

En fin de matinée, l’affaire est reprise par plusieurs médias. Marine Le Pen, ancienne présidente du Rassemblement nationale et candidate à la présidentielle, dénonce alors « les impôts qui subventionnent les importations chinoises et les délocalisations ». Xavier Bertrand, le candidat au congrès du parti Les Républicains, exprime sa « colère » de voir « l’armée choisir des pulls chinois pour nos soldats ». Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de La France insoumise, dénonce lui aussi ces « tireurs dans le dos ».

Mais rien n’est vrai. Le porte-parole du ministère des armées, Hervé Grandjean, dément, sur Twitter, que l’armée achète des « pulls chinois plutôt que de[s] pulls made in Tarn ». « Fake news », dénonce-t-il, en précisant qu’un « contrat (…) a été conclu avec deux entreprises françaises en septembre 2020 ». A savoir : Saint-James et Léo Minor. Sans recours aux usines chinoises. « La confection est faite soit en France, soit au Maroc et en Tunisie », ajoute-t-il.

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