Dans l’énergie, les syndicats veulent s’inviter dans la campagne présidentielle

Des employés d’EDF fixent une banderole devant la centrale à charbon de Cordemais, dans l’ouest de la France, le 16 septembre 2021.

La banderole est déployée comme un mot d’accueil, blanc sur bleu : « L’énergie est un bien commun. » En arrière-plan, derrière des chapiteaux de circonstance, deux hautes cheminées de centrale à charbon. Organisation syndicale majoritaire dans la branche de l’électricité et du gaz, la CGT a choisi Cordemais (Loire-Atlantique) pour faire entendre son « programme progressiste de l’énergie », jeudi 16 septembre au matin. Avec l’intention de l’inscrire au débat de l’élection présidentielle de 2022, puis des législatives.

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« L’industrie peut évoluer en maintenant, voire en développant les emplois, tout en préservant l’environnement », affirme le secrétaire général de la confédération, Philippe Martinez. Ce n’est pas la première fois qu’il se rend devant la centrale thermique des bords de la Loire. Ni la dernière, pressent-il. Le lieu « fait partie de ces sites, de ces combats qui montrent que l’industrie a de l’avenir dans notre pays, à condition que les salariés s’en mêlent ». Autour de lui, quelque 200 à 300 militants, selon les estimations.

Encore en activité pour assurer l’équilibre du réseau électrique en Bretagne, le site de Cordemais doit fermer au plus tôt en 2024, au plus tard en 2026. Pour Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle), ce sera dès 2022, d’après la feuille de route initiale du gouvernement. Dans les trois dernières centrales à charbon du pays, la fin de ce combustible très polluant se précise. Mais la suite, pour les salariés et pour le foncier, beaucoup moins…

Certains militent pour la reconversion de la centrale de Cordemais. Leur projet, Ecocombust, propose de remplacer du charbon par de la biomasse

Depuis au moins cinq ans, certains d’entre eux militent pour la reconversion de la centrale de Cordemais (plus de 300 salariés d’EDF, outre une centaine de prestataires). Leur projet, Ecocombust, propose de remplacer du charbon par de la biomasse. La production d’électricité par des déchets de bois permettrait de réduire l’émission de dioxyde de carbone. Projet breveté mais finalement écarté par la direction de l’entreprise, en juillet. Arguments invoqués : le retrait d’un investisseur, Suez, et la crainte d’un manque de rentabilité.

Les représentants cégétistes y croient encore. Sans le citer, ils disent avoir noué contact avec un industriel pour pallier la défection de Suez. Pour Sébastien Menesplier, secrétaire général de la Fédération nationale des mines et de l’énergie CGT, « le projet Ecocombust s’inscrit dans l’avenir du service public de l’énergie, il prend tout son sens dans le mix électrique que nous portons ». Un mix composé de nucléaire et d’énergies renouvelables. Jeudi, deux députés du Nord ont fait le déplacement pour exprimer le soutien de leurs formations politiques. Alain Bruneel, pour le Parti communiste français, et Adrien Quatennens, ancien conseiller clientèle d’EDF, désormais avec son écharpe bleu-blanc-rouge d’élu, pour la France insoumise.

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