Dans les Alpes, recherche gardien pour refuge merveilleux

Le refuge de l’Aigle, à 3 450 mètres d’altitude, est posé en équilibre sur le rocher de l’Aigle.

Un job haut placé

A 3 450 mètres d’altitude, le refuge de l’Aigle n’est pas le plus haut perché de France – la palme revient au refuge du Goûter, sur l’aiguille du même nom, qui culmine à 3 835 mètres. Mais il offre une vue époustouflante sur la Meije, montagne du nord-ouest du massif des Ecrins, entre Grenoble et Briançon. Posé en équilibre sur le rocher de l’Aigle, le bâtiment a vu le jour en 1910, avant d’être démonté et reconstruit en 2014. Depuis la vallée de la Romanche, il faut compter environ six heures d’une difficile randonnée – 1 800 mètres de dénivelé – pour l’atteindre.

Une ambiance spartiate

Gardé depuis le début des années 1970, d’avril à septembre, le refuge ne fait pas dans le superflu. Jusqu’à la rénovation des lieux, en 2014, le gardien ne disposait même pas d’une chambre séparée. Trente couchages sont à ­disposition des ­visiteurs dans une seule et même salle qui sert à la fois de dortoir, de salle à manger et de lieu de vie. Hormis un matelas et des couettes, le confort est sommaire. Ni eau courante, encore moins de Wi-Fi. Juste « du chauffage s’il fait beau », grâce à l’énergie photovoltaïque, indique le gardien sur le site de la FFCAM.

La salle commune du refuge.

Un travail exigeant

Le gardien doit s’occuper de l’accueil des visiteurs, de la restauration, de l’entretien des lieux, mais aussi de l’approvisionnement, par hélicoptère. Et, surtout, ne pas être un gros dormeur, comme le rappelait une ex-gardienne, Marie Gardent, à Montagnes magazine, début 2020. « Il y a des cordées qui arrivent à toute heure du jour et de la nuit. (…) On se lève à 4 heures du matin pour réveiller les gens qui partent faire la Meije orientale, on se recouche un petit peu et à 7 heures il faut réattaquer. » « Jef », l’actuel gardien, part après une poignée d’années à l’Aigle – il avait auparavant travaillé sur d’autres sites. Un peu plus au sud des Ecrins, le gardien du refuge du Sélé, lui aussi sur le départ, sera resté « trente-quatre ans » sur le même site, précise la FFCAM.

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Un poste qui fait rêver

« Gardien de refuge, c’est un vrai métier », souligne Niels Martin, directeur adjoint de la FFCAM, qui possède 120 refuges – soit un tiers des établissements de ce type en France. Outre une connaissance du milieu montagnard « indispensable », les candidats doivent être détenteurs d’un diplôme de secourisme et du diplôme universitaire de gardien de refuge de montagne. Alors que les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration ont beaucoup de mal à recruter, les refuges seraient, eux, préservés. « Beaucoup de gens sont intéressés, c’est un métier qui fait rêver », affirme Niels Martin. Si la fédération se rémunère sur les nuitées (environ 1 000 par an, à 30 euros la nuit), le ­gardien, lui, se paie uniquement sur la restauration.

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