Dans les (très beaux) jardins de la Seine-Maritime

La Seine-Maritime compte de nombreux jardins d’exception. Les jardins de l’abbaye Saint-Georges de Boscherville et le parc de Clères, propriété du département, se sont associés aux célébrations du bicentenaire de Gustave Flaubert, né à Rouen le 12 décembre 1821, et rappellent, à travers diverses installations, l’intérêt de l’« ermite de Croisset » pour les plantes, les arbres, les paysages… ou les perroquets. Publics ou privés, les jardins suspendus du Havre, les jardins de Valérianes ou le jardin Agapanthe combleront également leurs visiteurs.

 

Les jardins de l’abbaye Saint-Georges de Boscherville

Vue des jardins de l’abbaye Saint-Georges de Boscherville, avec le dispositif visuel de l’exposition « Flaubert, entre ici et ailleurs ».

En cette Année Flaubert, le département de la Seine-Maritime organise plusieurs événements autour de l’auteur de Madame Bovary. De la maison où celui-ci vécut à Croisset, un hameau situé en bord de Seine, il ne reste qu’un pavillon et une parcelle de jardin, écrasés par un déprimant environnement industriel. Aussi ce sont les très beaux jardins de l’abbaye bénédictine Saint-Georges de Boscherville qui présentent les installations botaniques de Pascal Levaillant, hommage aux jardiniers en regard de l’ironique roman inachevé Bouvard et Pécuchet. Une exposition et une scénographie de Béatrice Saurel et Michel Racine explorent, quant à elles, les lieux habités ou visités par l’écrivain, en France ou autour de la Méditerranée, au prisme de son intérêt pour la botanique ou les paysages.

Jardins de l’abbaye Saint-Georges de Boscherville, Saint-Martin-de-Boscherville (Seine-Maritime). « Herbier contemporain délicieux », installations de l’artiste botaniste Pascal Levaillant, et « Flaubert, entre ici et ailleurs », exposition et scénographie de Béatrice Saurel et Michel Racine (jusqu’au 14 novembre 2021). Renseignements pratiques sur abbayesaintgeorges.fr (Les jardins accueilleront, les 2 et 3 octobre prochains, une fête des plantes, « A l’heure des récoltes ! »)

Le parc de Clères

Vue du château, dans le parc de Clères.

Le château du parc de Clères, d’origine Renaissance, a été agrandi dans un style néogothique au XIXe siècle à la demande de son propriétaire d’alors, le comte de Béarn, qui fit aménager le parc à l’anglaise. Après la Première Guerre mondiale, le célèbre ornithologue Jean Delacour prit sa succession. Animateur de la Ligue de protection des oiseaux dès les années 1910, il fit installer de nombreuses volières pour abriter ses très importantes collections d’oiseaux et créa un parc où les animaux évoluaient déjà, comme aujourd’hui, en liberté. Pour évoquer le fameux perroquet de la nouvelle de Flaubert Un cœur simple, une exposition, « Loulou & Cie », présente « amazones et autres psittaciformes, de la nature à l’imaginaire ».

Parc de Clères, 32, avenue du Parc, Clères (Seine-Maritime). Renseignements pratiques sur parcdecleres.net/fr Exposition « Loulou & Cie » jusqu’au 14 novembre.

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Les jardins suspendus du Havre

Vue des serres, au milieu des jardins suspendus du Havre

Inaugurés en 2008, les jardins suspendus du Havre occupent la cour intérieure et le rempart de l’ancienne caserne de Sainte-Adresse, qui domine la ville et le port depuis le milieu du XIXe siècle. Désaffecté pendant plusieurs décennies, ce fort inspiré de Vauban a fait l’objet d’une harmonieuse réhabilitation menée par l’architecte paysagiste Samuel Craquelin. Les 5 000 m2 des serres de collection permettent de découvrir les écosystèmes du désert ou de la forêt tropicale, ainsi que l’environnement des plantes « utiles » comme le poivre ou le café. Les bastions du rempart accueillent le jardin des explorateurs contemporains, avec sa spectaculaire vue sur la mer, ainsi que les jardins d’Amérique du Nord ou d’Asie orientale, où se succèdent au printemps exubérants rhododendrons et odorantes glycines.

Jardins suspendus, 29, rue Albert-Copieux, Le Havre (Seine-Maritime). Renseignements pratiques sur lehavre.fr

Les jardins de Valérianes

Dans le très anglais jardin de Valérianes.

Les deux jardins créés il y a seulement vingt ans par le couple de jardiniers Marylin et Michel Tissait occupent, dans une harmonie parfaite, une surface de 12 000 m2 lovée au milieu d’un paysage de campagne normande. Le premier est un authentique jardin anglais, avec ses mixed borders, son gazon impeccablement tondu et ses alcoves de verdure amoureusement entretenues. Le second, agrémenté d’un étang occupé par des plantes aquatiques et bordé d’arbres et d’arbustes aux écorces et au feuillage colorés, mêle des inspirations asiatiques. Un jardin japonais propice à la méditation se laisse découvrir presque par hasard.

Jardin de Valérianes, 27, route d’Ennecuit, Buchy (Seine-Maritime). Renseignements pratiques sur jardindevalerianes.e-monsite.com

Le jardin Agapanthe

Bassin et plantes aquatiques, dans le jardin Agapanthe.

Agapanthe est le jardin d’un architecte paysagiste, Alexandre Thomas. Pour aménager en 2006-2008 ce véritable coin de paradis, il a modelé un terrain plat à l’origine, qu’il a planté de grands sujets, palmiers ou topiaires, aujourd’hui épanouis. Les différences de niveau, parfaitement maîtrisées, la palette végétale – conifères, graminées, hortensias ou ail sauvage –, le sol étonnamment recouvert de sable et les objets de jardin choisis avec soin – fontaines, poteries ou sièges – composent un univers extrêmement élégant.

Jardin Agapanthe, 1, impasse Agapanthe, Grigneuseville (Seine-Maritime). Renseignements pratiques sur jardin-agapanthe.fr

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