De Kaboul à Paris, Singa au secours des réfugiés afghans

Par Ghazal Golshiri

Publié aujourd’hui à 16h15, mis à jour à 16h19

En cette soirée du samedi 4 septembre, l’heure est à la fête dans la maison de David Robert, à Pantin. Le directeur général de l’ONG Singa France a installé des chaises et des tables à l’extérieur, sorti de nombreux verres et assiettes, mis des jus de fruits au frais. Il attend une vingtaine d’Afghans, tout juste évacués de Kaboul après la prise de pouvoir des talibans, le 15 août, des membres de l’association et des militaires français qui les ont aidés à fuir leur pays. Et aussi Benoît Hamon qui, cinq jours plus tard, annoncera quitter la politique pour devenir directeur général de Singa Global.

Une semaine décisive

Dans le jardin, Abbas Khavari, Afghan réfugié en France depuis une dizaine d’années, a installé un petit four et préparé une table avec des pâtes à pizza, du fromage, des légumes, du saucisson. Les ingrédients « sont halal, le temps qu’ils s’adaptent », précise-t-il en souriant, à propos de ces compatriotes fraîchement arrivés. Abbas Khavari a lancé un petit business de confection de pizza à domicile, Pizza Bobo, grâce à Singa.

Fondée en 2012 en France et présente dans six autres pays européens ainsi qu’au Canada, l’ONG cherche à créer du lien (la signification de singa, en lingala, langue bantoue du Congo) entre les citoyens et les personnes réfugiées, à travers la rencontre, l’hébergement et l’aide à l’entrepreneuriat. Elle met aussi en relation les citoyens et les chefs d’entreprise qui veulent créer des projets en relation avec l’asile et la migration. Aujourd’hui, le créateur de Pizza Bobo est également bénévole pour l’association et veille à l’accueil des nouveaux exilés.

Med Ewaz (à droite), en France depuis six ans, sert un verre à Roya et sa belle soeur Farida qui viennent d’arriver en France.

Eparpillés dans des hôtels en périphérie de Paris, ils arrivent, groupe par groupe, chargés de cadeaux : bouquets de fleurs, amandes apportées d’Afghanistan, bouteille de vin à la main pour remercier l’association. Parmi eux, des parents âgés, de jeunes couples, des adolescents et même un nourrisson de 2 mois, Hasti, dont les parents ont dû patienter deux nuits dans l’aéroport. En ce début de soirée au temps orageux, des cris de joie résonnent.

« Mais vous êtes ici, vous ? s’écrit, en dari, une Afghane à l’attention d’un militaire qui, dix jours plus tôt, l’a aidée à escalader un grand mur pour entrer dans l’aéroport. Est-ce que je peux me prendre en photo avec vous ? Ça ne sera que pour moi. Je voudrais imprimer la photo et l’accrocher au mur. » Tous ont vécu ensemble une semaine décisive, où se sont parfois jouées la vie ou la mort de ceux qui cherchaient à fuir les talibans.

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