De l’aéronautique à la maroquinerie : le pari de la diversification pour une PME toulousaine

Enfant, le nez au vent, Stéphane Trento observait les avions voler. Quelques années plus tard, même si cette passion, comme il le dit lui-même, ne s’est pas assoupie, le dirigeant fondateur de ST Composites, située à Labège, en proche banlieue toulousaine, se doit d’utiliser un autre vocabulaire. Cet ingénieur aéronautique parle désormais de trolley, de sac souple, de valise rigide, de coffret pour les montres… Rien à voir avec l’industrie aéronautique.

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Et pourtant, il existe bel et bien un trait d’union avec les aéronefs. Puisque les matériaux composites que l’entreprise utilise, comme les fibres de carbone et les fibres de verre utilisées, par exemple, dans les fuselages, sont privilégiés. Les poignets des valises rappellent celles des galleys (les cuisines modulaires) des avions. Les formes arrondies des structures métalliques des bagages s’inspirent d’un bord d’attaque d’un vieil appareil. « Oui, c’est un parti pris. On aime ou pas », reconnaît ce patron.

La pandémie de Covid-19, qui a cloué au sol les avions, avait entraîné une chute de 60 % de l’activité de la PME

Pourtant, tout allait bien pour cette PME, spécialisée dans la fabrication de pièces en composite pour l’aménagement des cabines (panneaux d’habillement des sièges de la classe business) et des cockpits (console latérale et mini-manche). Cette entreprise d’une trentaine de salariés livrait quasi exclusivement Airbus. Puis, la crise est arrivée, rompant la dynamique de croissance.

Codes, technologies et procédés de l’aéronautique

La pandémie de Covid-19, qui a cloué au sol les avions, a entraîné une chute de 60 % de l’activité de la PME. « Si j’avais été riche, j’aurais investi dans le groupe pour passer cette situation compliquée. Mais ce n’est pas le cas, regrette-t-il. Il y a urgence à se diversifier. C’est une nécessité. Alors, autant mettre à profit la baisse de charge dans une transformation de l’entreprise. »

Si le secteur de la défense constitue une opportunité, le luxe résiste à la crise, observe le dirigeant. Optimiste, Stéphane Trento injecte, en deux temps, 2 millions d’euros dans son usine en l’équipant de deux robots – le premier pour l’usinage de pièces, le second pour le dépôt de résine sur les éléments structuraux – et d’une imprimante 3D. La clé de sa réussite, selon lui. « On intègre les codes, les technologies et les procédés de l’aéronautique. Sur le marché du luxe, c’est novateur », affirme-t-il.

Avec une aide de 800 000 euros octroyée dans le cadre du plan de relance du gouvernement, l’entrepreneur fonde, à la mi-mai, sa seconde entreprise, ST Luxury, entièrement consacrée à la fabrication sur-mesure de cette gamme de maroquinerie. « Nos prix et la qualité des produits sont proches de ceux pratiqués par les acteurs du luxe français », déclare-t-il, citant le malletier Vuitton, la maison Goyard et Hermès.

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