Départ de Canteloup, retour d’Elkabbach… Europe 1 aborde sa première rentrée de l’ère Bolloré

Devant l’entrée d’Europe 1, à Paris, le 30 juin 2021.

« Je n’avais pas envie de donner ma chronique après une interview de Jean Messiha [énarque proche de l’extrême droite] par Sonia Mabrouk comme si de rien n’était. » Combien sont-ils, ceux qui, à l’instar de cette journaliste démissionnaire, ne feront pas leur retour sur Europe 1 à la rentrée ?

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Depuis quelques jours aussi, des ouvriers s’activent pour transformer le studio qui accueillera Laurence Ferrari, dont une heure (sur trois) de son émission « Punchline » sera commune à CNews et Europe 1. D’autres reprennent normalement le travail après les congés d’été, même si cela ne se fait pas toujours dans la sérénité. « J’ai changé d’avis vingt-cinq fois avant de décider de rester, confie ainsi une journaliste. Je ne suis pas fière de moi, mais je n’ai matériellement pas le choix. Et j’ai l’angoisse de ce qui peut advenir si je ne suis pas d’accord avec ce qui se passe sur l’antenne. »

Les premières diffusions communes à CNews et Europe 1 observées cet été (défilé du 14-Juillet, cérémonie de clôture du Festival de Cannes) laissent peu de place au doute quant au désir de convergence éditoriale entre la chaîne et la station de leur propriétaire.

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Après la première vague de départs du mois de juin (Matthieu Belliard, Patrick Cohen, Pascale Clark, Sophie Larmoyer…), l’été a vu Nicolas Canteloup (humoriste depuis 2005), Julie Leclerc (animatrice depuis 1972), ou encore Laurent Cabrol (présentateur de la météo depuis 1986) être remerciés. Parallèlement, les quarante-deux bénéficiaires de la rupture conventionnelle collective (RCC) lancée par la direction de la station en mai ont commencé à plier bagage, laissant les auditeurs orphelins des voix familières de Thierry Geffrotin, Diane Shenouda, Corinne Boulloud ou encore Didier François. Soumis à un « engagement de loyauté », ces derniers sont tenus de « conserver la discrétion la plus absolue sur tout ce qui a trait » à leur ancien employeur.

Les services sports et société décimés

Au total, 76 personnes avaient demandé à bénéficier de cette RCC, alors qu’Europe 1 comptait, avant l’été, 204 salariés, dont environ 120 journalistes. Certains recalés ont décidé de démissionner, rejoints par des collègues pressés d’en finir. Ils sont une vingtaine à avoir fait ce choix. « Je ne me sentais pas en phase avec la façon d’aborder l’info, plus proche du débat d’idées et du commentaire que de l’information rigoureuse », justifie de son côté Wendy Bouchard, entrée à Europe 1 en 2006 (elle arrive sur France Bleu), qui ne veut ni « cracher dans la soupe » ni « faire de procès d’intention » aux nouveaux maîtres des lieux.

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