Dérapages de Mélenchon, fractures sur le régalien : la gauche à la remorque

Analyse. La gauche n’en finit pas de se chercher. Depuis la fin du quinquennat de François Hollande, cette famille politique est en quête. A la fois d’un combat structurant, comme le furent la lutte des classes ou la construction européenne, et d’une matrice de pensée. A moins d’un an de l’élection présidentielle, aucune solution ne semble avoir été trouvée. Si Europe Ecologie-Les Verts (EELV) s’appuie sur l’écologie politique comme « nouveau paradigme », les Verts souffrent encore de nombreuses lacunes, notamment sur la définition de l’Etat et de son rôle mais aussi de la République.

La gauche traditionnelle (Parti socialiste et Parti communiste français), elle, vit une contradiction : elle compte encore des militants (43 000 revendiqués pour le PCF, 40 000 pour le PS), d’une implantation locale, d’un réseau d’associations, mais semble être condamnée à rester dans les limbes lors de l’élection majeure de la Ve  République. Fabien Roussel (PCF) est crédité de 1 % à 2 % des intentions de vote et la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, plafonne autour de 7 %.

La France insoumise (LFI), enfin, pensait avoir trouvé le Graal stratégique : le populisme de gauche. En clair : construire une frontière entre un « nous du peuple » et un « eux de l’oligarchie » et dépasser un « clivage droite-gauche » qui serait obsolète. Forts du score de Jean-Luc Mélenchon en 2017 (19 % des voix) et de leur groupe de dix-sept députés à l’Assemblée nationale, les « insoumis » estimaient être la « principale force d’opposition » à Emmanuel Macron. Mais les changements stratégiques de M. Mélenchon, son mouvementisme (soutien aux « gilets jaunes », rapprochement avec toutes les nouvelles avant-gardes comme l’antiracisme politique incarné par le comité La vérité pour Adama) ont déconcerté une partie de son électorat. Lors des élections européennes de 2019, LFI n’a obtenu que 6,3 % des voix.

Esprit boutiquier

Les multiples « dérapages » de son leader ont également atteint la crédibilité du mouvement qui aura désormais du mal à se poser en alternative à M. Macron. Tout le monde a en mémoire les images de M. Mélenchon criant « La République, c’est moi » lors de perquisitions, en octobre 2018. Plus récemment, ce sont ses propos sur les attentats « écrits d’avance » qui auraient lieu avant chaque élection présidentielle, qui ont semé le trouble.

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