Des campagnes de prévention pour alerter sur les risques de noyades, en forte hausse

Cela va souvent très vite. Un parent qui détourne le regard, une baignade alcoolisée, celui qui se persuade qu’il peut encore atteindre la bouée. Plus de 300 noyades accidentelles ont été recensées en France entre le 1er juin et le 5 juillet, dont 79 ayant entraîné des décès, selon les résultats préliminaires de l’enquête 2021 de Santé publique France. Toutes ont nécessité l’intervention des services de secours et donné lieu à une prise en charge hospitalière. Un nombre « élevé », qui représente une hausse de 22 % pour les noyades accidentelles, et de 58 % des décès par rapport aux chiffres enregistrés en 2018 sur la même période, selon un communiqué de l’agence de santé en date du 13 juillet.

Première explication avancée : les confinements successifs. Cette période a entraîné pour beaucoup « une altération de la condition physique du fait d’une moindre activité parfois accompagnée d’une prise de poids » mais aussi « un relâchement de la vigilance », explique Aymeric Ung, un expert de l’agence sanitaire. « 80 % des décès par noyade ont eu lieu dans un site de baignade naturel », précise-t-il. Une proportion élevée qui vérifie, selon lui, l’hypothèse d’un relâchement lié au déconfinement. « Les gens ont tendance à surestimer leurs propres capacités physiques, et à sous-estimer les risques liés à l’environnement comme le courant ou les rochers. »

Parmi les catégories d’âge les plus touchées par ces accidents, les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 25 % des noyades. « On a régulièrement le cas de personnes qui pensent encore avoir la forme de leurs 20 ans, et se lancent des défis sans se rendre compte du risque. Ils s’essoufflent, paniquent, et ça peut vite devenir dangereux », note le capitaine Delin, responsable des plages du SDIS 06 (Alpes-Maritimes). Dans ces cas-là, « il faut privilégier les plages avec des postes de secours, qui indiquent à l’aide de drapeaux si la baignade est sécurisée, et nager parallèlement à la côte », rappelle le capitaine, qui alerte sur les risques de malaises pour les personnes d’un certain âge.

« Renforcer la prévention »

Egalement dans la ligne de mire des sauveteurs : les enfants en bas âge (entre 0 et 5 ans), qui comptent pour 21 % des noyades accidentelles dans les données de Santé publique France. Privés de piscines municipales du fait de la crise sanitaire, beaucoup n’ont pas pu apprendre à nager cette année. Mais malgré « un impact certain » de ces fermetures sur l’« aisance aquatique » des enfants, Aymeric Ung estime qu’elles n’ont affecté que « marginalement » ce premier bilan estival. « Les noyades chez les jeunes enfants sont presque exclusivement liées à une baisse ou absence de la vigilance de l’adulte qui surveille », indique-t-il. « Un enfant peut se noyer dans 30 centimètres d’eau. Et même avec les brassards, le courant a vite fait de l’amener au large », abonde le capitaine Delin. Il précise que les noyades sont souvent l’affaire de « quelques minutes où l’on détourne le regard ».

Il vous reste 19.49% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.