Des pensions de réversion menacées par l’évolution des couples

Parce qu’elles ont des carrières moins favorables que celles des hommes et travaillent plus souvent à temps partiel, les femmes perçoivent en moyenne une retraite inférieure de 41 % à celle des hommes, selon les derniers chiffres publiés par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Les Retraités et les retraites, édition 2021).

Cet écart tend à se resserrer au fil des générations. Il n’était plus que de 32 % pour les assurés qui ont demandé le versement de leur retraite en 2018. Mais il est peu probable qu’il disparaisse totalement en raison de la persistance des écarts de salaire entre les deux sexes, constatait le Conseil d’orientation des retraites dans son rapport de juin 2021.

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Leur espérance de vie à la retraite étant plus élevée que celle des hommes (23,4 ans à 65 ans pour les femmes contre 19,6 ans pour les hommes, selon les dernières hypothèses de projection effectuées par l’Insee dans son bilan démographique 2020) et parce qu’elles sont en moyenne plus jeunes que leur conjoint de deux ou trois ans, les femmes sont plus souvent veuves que les hommes et sont donc les principales bénéficiaires des pensions de réversion (88 %).

Conséquence : si on ajoute les pensions de réversion à leurs propres retraites, les écarts entre les femmes et les hommes sont moindres que les écarts mesurés sur les seules retraites personnelles. La différence n’est plus que de 28 %. C’est encore beaucoup, pourtant le niveau de vie moyen des femmes représente alors environ 95 % de celui des hommes retraités. Autrement dit, elles maintiennent ainsi leur niveau de vie antérieur.

Rien pour les partenaires de pacs

Mais si tous les régimes de retraite prévoient le versement d’une partie de la retraite d’un assuré décédé à son conjoint survivant (50 %, 54 % ou 60 % selon les régimes), le droit à réversion est réservé aux couples mariés. Autrement dit, seul le conjoint survivant au sens strict du terme, ainsi que, sous certaines conditions, les ex-conjoints divorcés, peuvent aujourd’hui y prétendre, à condition d’en faire expressément la demande (la démarche a été simplifiée et peut désormais être faite en ligne sur le site Info Retraite, à partir du compte personnel retraite).

Selon les régimes, le versement de la pension de réversion est subordonné à une condition d’âge minimum (55 ans le plus souvent), de ressources et de non-remariage. La durée du mariage n’a pas d’incidence sur le montant de la pension.

Que le couple ait été marié pendant cinquante ans ou cinq ans, le survivant aura le droit à la même chose… s’il est le seul bénéficiaire potentiel. En revanche, si le défunt avait déjà été marié, la pension de réversion est partagée entre son conjoint survivant et ses ex-conjoints au prorata de la durée des mariages.

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