Deux A400M achetés par le Kazakhstan, première commande en quinze ans pour l’avion de transport militaire d’Airbus

Un avion Airbus A400M dans un aéroport parisien, le 29 août 2021. Il s’agissait du dernier vol français d’évacuation de personnes d’Afghanistan.

Le Kazakhstan a commandé deux avions de transport militaire A400M, a annoncé mercredi 1er septembre le groupe Airbus, dont cet aéronef n’avait plus séduit de nouvel acquéreur depuis quinze ans. Le pays, qui recevra son premier appareil en 2024, rejoint ainsi huit autres Etats exploitant ce modèle.

« L’A400M deviendra la pièce maîtresse des opérations de transport aérien tactique et stratégique du Kazakhstan », a affirmé le directeur général d’Airbus Defence and Space, Michael Schoellhorn, cité dans un communiqué. De même source, « ce nouveau contrat à l’exportation porte à 176 le nombre total d’A400M commandés, et ce chiffre devrait encore croître prochainement ».

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Conçu pour se poser sur des pistes sommaires, mais aussi effectuer du transport dit stratégique sur de longues distances, ravitailler en vol des aéronefs ou larguer des parachutistes, l’A400M a connu surcoûts et retards liés à son développement complexe et à la multiplication des spécifications techniques nationales. Réussite technologique, il n’a pourtant jusqu’ici pas rencontré le succès espéré à l’export.

Sept pays partenaires et un client export jusque-là

Sur les 174 avions précédemment commandés, 170 l’ont été lors du lancement du programme, en 2003, par les sept pays partenaires (Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Turquie, Belgique et Luxembourg). Il doit notamment remplacer les C-160 Transall et une partie des C-130 Hercules de ces armées.

Avant l’annonce du Kazakhstan, le seul client export était la Malaisie, avec quatre A400M commandés en décembre 2005. La France avait reçu son premier appareil en 2013, avec quatre ans de retard, et dix-huit au total depuis, baptisés Atlas. Elle les utilise dans la plupart de ses opérations extérieures, par exemple au cours du mois dernier, lors du pont aérien avec Kaboul.

Evacuation de personnels britanniques à bord d’A400M à l’aéroport de Kaboul, le 28 août 2021.

Le coût de développement de 20 milliards d’euros prévu à l’origine a grimpé en flèche, conduisant Airbus à passer pour 6 milliards d’euros de provisions entre 2014 et 2019, afin notamment de payer les pénalités aux Etats clients. L’avionneur et les Etats avaient alors conclu un accord révisé prévoyant un nouveau calendrier de production et de nouvelles conditions financières. Autre revers, un A400M a subi un grave accident lors d’un vol d’essai en Espagne en 2015, qui avait causé la mort de quatre personnes.

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Son assemblage a lieu à Séville (Espagne), tandis que ses ailes sont fabriquées au Royaume-Uni, et son fuselage, en Allemagne. L’appareil peut embarquer 116 soldats ou 37 tonnes de fret. Les dimensions de sa soute – 17 m de long et 4 m de large – lui permettent d’emporter aussi bien un hélicoptère que des véhicules blindés. Conçu pour atterrir sur des pistes accidentées de moins de 700 m et capable de décoller sur une distance de 1 150 m, il peut voler jusqu’à 780 km/h, une vitesse de 30 % supérieure à celle des avions de transport à hélices.

En images : Paris, vu du ciel à bord d’un A400M en pleine préparation du 14-Juillet

Le Monde avec AFP