Deux céramistes main dans la main dans la terre mêlée

Par Litza Georgopoulos

Publié aujourd’hui à 18h00

L’atelier a des airs de cabanon de vacances avec murs en crépi et carrelage « à la provençale », guirlande guinguette, tables dépareillées et chaises en fer forgé installées dans l’herbe. Accolé à un immense hangar désaffecté, le modeste bâtiment hébergea un temps le bureau de l’entreprise de transport du grand-père de l’architecte Numa Gortan. Depuis novembre 2019, ce dernier met le lieu à la disposition de sa compagne, France Bocognani, et de Caroline Bartoli, l’autre moitié des Franca.

Un an auparavant, le designer et architecte d’intérieur marseillais François Champsaur avait également endossé le rôle de la bonne fée, offrant pour les anniversaires de ces dames des cours de céramique dispensés par sa mère, Maggy Champsaur. C’est ainsi que le soir, après le travail ou après la formation que France venait de commencer – un CAP décoration en céramique à l’école d’Aubagne –, les deux amies se sont retrouvées, parfois jusque très tard, dans l’atelier de l’artiste céramiste maintes fois primée et exposée.

Trace de napperons vintage

Caroline, brune, force tranquille travaillant au marketing dans une grosse boîte automobile, a toujours été très manuelle, s’adonnant au tricot, à la broderie, au tissage… France, blonde pétulante – Alabama Duel pour les intimes, de son ancien blog –, avait déjà, entre autres, cocréé une marque de chapeaux et vendu des couronnes de fleurs dans des festivals, tout en gérant le service communication d’un groupe d’établissements de santé.

« En général, les céramistes sont des artisans plutôt solitaires. Il nous faut trouver des compromis pour créer ensemble. » Caroline Bartoli

Sous la houlette de Maggy Champsaur, libres d’explorer cet artisanat de la terre avec une égale passion, les Marseillaises, qui ont les mêmes origines corses et vingt ans d’écart, commencent à produire quelques pièces. Les images postées sur leurs comptes Instagram respectifs émoustillent vite leur réseau sudiste, et le café Bohème, à Hyères, passe la première commande. Une soixantaine d’assiettes blanches sur lesquelles s’imprime, grâce aux oxydes bleus, la trace de napperons vintage.

« Nous avons démarré comme ça, raconte Caroline. Par manque de confiance en nous, on ne se serait jamais lancées en solo. A deux, nous étions plus fortes. En général, les céramistes sont des artisans plutôt solitaires. Il nous faut trouver des compromis pour créer ensemble. » En lançant Franca Atelier, les deux femmes ont uni leurs aptitudes, leurs goûts, leurs envies, et les premières syllabes de leurs deux prénoms.

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