Diabète, hypertension : la pandémie de Covid-19 pourrait entraîner une flambée des maladies chroniques

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Publié aujourd’hui à 13h00, mis à jour à 13h28

Au fil des mois, des dégâts collatéraux de la pandémie de Covid-19 se sont accumulés chez les patients atteints d’autres pathologies, rançon de la désorganisation massive des soins. Mais, au-delà, le bouleversement prolongé de nos habitudes de vie – avec, pour beaucoup, davantage de temps passé assis, moins d’activité physique et une prise de poids – est-il susceptible d’engendrer une flambée de maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension artérielle (HTA) ?

« Si nous ne restons pas actifs, nous courons le risque de créer une autre pandémie de mauvaise santé. Le résultat d’un comportement sédentaire », alertait, dès novembre 2020, le directeur de la promotion de la santé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur Ruediger Krech. Des données solides manquent encore, mais plusieurs indices suggèrent qu’une bombe à retardement pourrait bien être en train de s’amorcer.

L’instauration de traitements cardio-vasculaires et antidiabétiques – c’est-à-dire des prescriptions correspondant à de nouveaux malades – est en « hausse marquée » depuis début 2021, conclut le dernier rapport d’Epi-Phare, groupement scientifique constitué par l’Assurance-maladie et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). L’augmentation est de 14,7 % pour les médicaments antihypertenseurs, de 11 % pour les antidiabétiquess et de 24 % pour les statines – qui traitent l’excès de cholestérol –, par rapport aux résultats attendus. Ces référentiels sont calculés à partir des chiffres de consommation de 2018 et 2019 et en tenant compte de l’évolution prévisible du nombre de nouveaux patients.

Plus de sédentarité et de grignotage

« Nous n’avons jamais vu une hausse aussi importante concernant le diabète, s’inquiète le docteur Alain Weill, directeur adjoint d’Epi-Phare. Il y a eu moins d’instaurations de traitements au début du premier confinement, puis un rattrapage vers la fin de l’année 2020, mais, aujourd’hui, nous ne sommes plus dans le rattrapage. » Pour le docteur Jean-François Thébaut, vice-président de la Fédération des diabétiques, « certaines de ces personnes avec un diabète débutant ont peut-être loupé la phase avant le traitement, où le médecin recommande de faire attention en faisant de l’activité physique et en surveillant l’alimentation ».

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Outre les traitements antidiabétiques, cette progression récente des nouvelles prescriptions s’explique par « les effets de la sédentarité, la baisse de l’activité physique de base, de loisirs, le changement de l’alimentation avec plus de grignotage. Or on sait que l’activité physique est extrêmement efficace dans toutes les pathologies cardio-vasculaires et le diabète. C’est un signal d’alerte », insiste Alain Weill.

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