« Diversification de l’offre de spectacles » ou « projet aux relents populistes » : guerre culturelle au Théâtre d’Arles

Manifestation d’intermittents du spectacle au Théâtre d’Arles, en mai 2021.

Serait-ce une nouvelle version du pot de terre contre le pot de fer ? A Arles, le joli théâtre à l’italienne de la ville, construit en 1838 et niché parmi les terrasses de café du boulevard Georges-Clemenceau, fait l’objet d’une bataille saignante entre sa directrice actuelle, Valérie Deulin, et le maire de la ville, Patrick de Carolis, ancien président de France Télévisions, élu en juin 2020 aux commandes de la cité arlésienne.

A la tête depuis 2007 de cette salle de 293 places, Valérie Deulin y a proposé une programmation de grande qualité, axée sur la création contemporaine, accompagnée par un solide travail de médiation culturelle sur le territoire, Arles étant, avec ses 760 km2, la commune la plus étendue de France. On a pu notamment voir passer au Théâtre d’Arles toute la brillante nouvelle vague théâtrale française et européenne, de Julien Gosselin à Caroline Guiela Nguyen en passant par Tiago Rodrigues, qui fait cette année l’ouverture du Festival d’Avignon dans la Cour d’honneur du Palais des papes.

Un travail de service public, correspondant au statut de scène conventionnée d’intérêt national, labellisée Nouvelles Ecritures, dont bénéficie le théâtre depuis la fin des années 1990, quand la ville d’Arles a décidé d’opérer une délégation de service public et de confier la gestion du théâtre à une association. Or, à la faveur de la fin du mandat de six ans de cette délégation et de celui de Valérie Deulin, la ville d’Arles a décidé de reprendre le théâtre en régie directe et de baisser sa subvention de 200 000 euros.

« Diversifier l’offre de spectacle »

« Si nous avons pris cette décision, c’est avant tout pour rendre le théâtre plus accessible, a exposé Patrick de Carolis lors du conseil municipal du 27 mai. Plus accessible aux Arlésiens, bien sûr, en élargissant et en diversifiant l’offre de spectacles, mais aussi plus accessible aux compagnies locales et régionales. S’il nous tient à cœur de conserver le label des Nouvelles Ecritures, véritable gage de qualité et d’excellence, il nous semble important de développer, dans ce théâtre municipal, des événements grand public de qualité : théâtre, danse, cirque ou musique, qu’il s’agisse du répertoire classique, de jeunes artistes ou du music-hall. En résumé, nous voulons rendre le Théâtre d’Arles aux Arlésiens », conclut-il.

Le Syndeac : « Faire plus avec moins, tel que le sous-entend le maire, est une équation irréaliste et démagogique »

Il vous reste 63.87% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.