Domitille Basso, la fibre végétale

Une des compositions florales de Thyrse.

Après des études à l’Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne, Domitille Basso intègre la maison Saint Laurent, où elle dessine pendant sept ans des broderies et autres effets textiles. Parfois, ses dessins s’inspirent des lignes et couleurs des bouquets qu’elle confectionne pour son plaisir personnel.

Une sensibilité à l’univers végétal présente depuis l’enfance : « Je pense que c’est lié à ma grand-mère, dont la maison, dans le Perche, a un jardin incroyable, presque expérimental. J’y vais depuis toujours. Les rosiers poussent au milieu des arbres fruitiers, se mêlent aux plantes aromatiques et même aux herbes sauvages qui se faufilent pendant les mois d’absence », raconte la créatrice de 31 ans, qui a grandi à Paris.

Après chaque séjour chez son aïeule, les fleurs s’accumulent dans son appartement du 10e arrondissement, et les idées fusent. En 2020, Domitille Basso décide de se former à l’Ecole des fleuristes de Paris et auprès de la célèbre agence Racine. « Travailler le vivant, cela s’apprend », souffle-t-elle.

Domitille Basso.

Au mois de janvier, elle crée Thyrse, un concept floral dans lequel elle continue d’explorer sa créa­tivité en jouant avec les teintes et les textures végétales. Désormais, elle compose des bouquets à la demande pour des particuliers et des entreprises dans son atelier installé au Consulat (dans le 11e arrondissement), un lieu hybride où coexistent espaces d’exposition, de création, restaurants et événements.

Ses compositions sont explosives et surprenantes, loin du classique bouquet rond. Têtes d’artichaut, dahlias aux allures de flamme, ails, plumes de paon décolorées, chrysanthèmes, menthe fraîche et jeunes mûres… des créations sauvages à l’image du nom de l’entreprise, Thyrse, qui désigne, dans la mythologie grecque, le bâton de Dionysos, toujours fleuri d’un lierre un peu fou et d’une pomme de pin.

En botanique, cela évoque également une structure en arborescence, comme un lilas ou une grappe de raisin. Domitille Basso collabore parfois avec des artistes d’univers différents. Au printemps, par exemple, elle a fleuri un vase de l’artiste Emile Degorce Dumas pour l’exposition « Room with a View » – imaginée par Laurent et Raphaël Giannesini pour Manifesto – et confectionné une couronne végétale pour une œuvre d’Anne Imhof exposée au Palais de Tokyo, à Paris.

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