Du Louvre au Grand Palais, la patte d’Emmanuel Macron derrière les nominations

Le président Emmanuel Macron lors des Assises de l’économie de la mer à Nice, le 14 septembre 2021.

Plus de femmes, plus d’étrangers, plus de diversité. Lors de la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron avait promis de « professionnaliser et [d’]ouvrir les nominations dans le secteur culturel, afin qu’elles reflètent la diversité de la société ». Près de cinq ans plus tard, le chef de l’Etat a respecté peu ou prou sa feuille de route, mais ses méthodes détonantes ont aussi bousculé, voire fragilisé, des institutions culturelles.

Comme il s’y était engagé, M. Macron a nommé plusieurs femmes, comme Amélie Simier (Musée Rodin), Régine Hatchondo (Centre national du livre) ou Marie-Christine Labourdette (château de Fontainebleau). Il a également reconduit Laurence Engel (Bibliothèque nationale de France) et Catherine Pégard (château de Versailles). Mais c’est surtout la nomination de Laurence des Cars au Louvre qui a marqué les esprits. « Elle avait aussi le meilleur dossier », défend l’Elysée. Selon l’Observatoire 2021 de l’égalité entre femmes et hommes dans la culture, 68 % des musées nationaux sont aujourd’hui dirigés par des femmes, contre 41 % en 2016.

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M. Macron a aussi ouvert la porte aux étrangers, comme le Belge Chris Dercon (Grand Palais), l’Allemand Alexander Neef (Opéra de Paris) ou le Portugais Tiago Rodrigues (Festival d’Avignon). « La France a toujours été une terre d’accueil, les talents étrangers apportent un autre souffle, plus européen, plus orienté vers la jeunesse, dit un conseiller. Les Français s’exportent dans les grands musées, il est normal que ce soit à double sens. » Même s’il n’est pas toujours facile d’attirer les stars. « La procédure a été très efficace, très professionnelle… sauf quand il a été question de logement et d’assurance-maladie », explique en souriant Chris Dercon.

Court-circuiter ses ministres

L’appel à la diversité restera aussi comme un marqueur du mandat de M. Macron. En nommant Pap Ndiaye (Musée national de l’histoire de l’immigration), Emmanuel Kasarhérou (Musée du quai Branly-Jacques-Chirac) ou Rachid Ouramdane (Théâtre national de la danse- Chaillot), « le président choisit des parcours et des talents qui contribuent au rayonnement français », explique l’Elysée. Selon son entourage, M. Macron garde également un œil sur les nominations dans les centres dramatiques nationaux, comme celle de Nasser Djemaï à Ivry ou de Fouad Boussouf au Havre.

Reste la question de la méthode. Si les nominations ont toujours été un attribut du chef de l’Etat, M. Macron a poussé la logique à son paroxysme, n’hésitant pas à court-circuiter ses ministres de la culture, pourtant censés orienter ses choix. « Le président demande une note d’une dizaine de pages aux principaux candidats et les reçoit en tête à tête, pour avoir un échange personnel, aller au fond des dossiers », reconnaît un proche. Régine Hatchondo n’a pas oublié son échange de près d’une heure avec le président. « Ce n’était pas un rendez-vous de courtoisie et à aucun moment je n’ai senti que les jeux étaient faits. Emmanuel Macron était précis dans ses questions, et très attentif aux réponses », confie-t-elle.

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