D’un continent l’autre : la sélection musicale du « Monde Afrique » #78

Chaque mercredi, Le Monde Afrique vous présente trois nouveautés musicales issues ou inspirées du continent. Cette semaine, focus sur des artistes qui jettent des ponts entre le Mozambique, la Norvège, le Zimbabwe, la Suède, le Mali, la France, le Sénégal et la Belgique.

« Kuwonererwa », de Monoswezi

« Mo » pour le Mozambique, « no » pour la Norvège, « swe » pour la Suède et « zi » pour le Zimbabwe. Additionnez les quatre nationalités des membres du groupe et vous obtenez son nom : Monoswezi. L’artiste a fait paraître vendredi 29 octobre son cinquième album, simplement intitulé Shanu (« Cinq », en shona, langue bantoue parlée au Zimbabwe).

Autour du mellotron (un synthétiseur polyphonique, ancêtre du sampleur) du multi-instrumentiste norvégien Hallvard Godal et du mbira (une sorte de lamellophone) de la chanteuse zimbabwéenne Hope Masike, la formation propose une fusion de jazz nordique, de folklore africain et de sonorités électroniques. Son premier clip, en images animées, est signé du Norvégien Ronald Kabicek.

« Long Time No See », de Manjul (feat. Clinton Fearon)

Côté reggae, le Mali n’est pas seulement la terre d’élection de Tiken Jah Fakoly. C’est aussi à Bamako que s’est installé, il y a vingt ans, le Français Julien Souletie alias « Manjul », après avoir vécu à Mayotte et la Réunion. Et c’est justement en travaillant auprès de son aîné ivoirien que le chanteur, musicien et producteur a rencontré l’ingénieur du son François « FX » Vilaverde et le batteur Yvo Abadi, avec lesquels il a sorti mi-octobre l’album Sound Therapy.

Le trio y invite une foule d’artistes venus des Comores, de République démocratique du Congo (RDC), de Jamaïque… Comme Clinton Fearon sur Long Time No See, un morceau qui décrit ce qu’on ressent quand on vit loin des siens.

« Diarra », de Tamala

Autre trio, celui formé par le Belge Wouter Vandenabeele (violon) avec les Sénégalais Bao Sissoko (kora) et Mola Sylla (voix). Sous le nom de Tamala, ils ont fait paraître début octobre leur deuxième album, Lumba (« Le grand jour », en mandingue).

Frottées, pincées ou vocales, leurs cordes se complètent à merveille et s’associent à celles des chanteuses Mari Kalkun (Estonie) et Sylvie Nawasadio (RDC) pour, disent-ils, « dénoncer les frasques de l’humanité » et « mettre en valeur nos côtés lumineux ». Sur le morceau Diarra, Mola Sylla remercie ses ancêtres originaires de la région de Boundou, dans l’est du Sénégal – comme ceux de Bao Sissoko –, pour l’inspiration qu’ils lui apportent.

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