D’un procès à l’autre, Bernard Tapie dans « Le Monde »

Bernard Tapie, alors président de l’OM, au Stade-Vélodrome de Marseille, le 22 octobre 1987.

Pouvait-il en être autrement ? Le 23 juin 1978, c’est à l’occasion d’un procès que le nom de Bernard Tapie apparaît pour la première fois dans Le Monde. Une « première fois » qui résonne fortement avec l’actualité de l’homme d’affaires. De nouveau hospitalisé, Bernard Tapie ne peut assister à son procès en appel dans l’affaire de l’arbitrage de son contentieux avec le Crédit lyonnais. Cinq ans de prison avec sursis ont été requis en appel à son encontre, mercredi 2 juin.

En 1978, donc, dans les colonnes des chroniques judiciaires du Monde, son patronyme est alors accolé à une qualité professionnelle nettement plus incongrue : ingénieur. Sûrement parce que l’intéressé est titulaire d’un baccalauréat de technicien en électronique.

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Dans ce premier article intitulé « Cinq dirigeants de Cœur-assistance sont inculpés », il est accusé d’avoir vendu des contrats d’assistance à des malades cardiaques sans s’assurer de la viabilité du service : « M. Bernard Peyrat, juge d’instruction à Paris, a pu réunir au bout d’un an suffisamment de présomptions de responsabilité pour inculper cinq des dirigeants de cette organisation, qu’il a laissés en liberté. Il a retenu les délits de publicité mensongère et d’infractions à la législation sur les sociétés anonymes. » Il sera condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 francs d’amende (environ 3 000 euros).

Episode fondateur de sa légende

Deuxième apparition, le 29 février 1980, dans le même cadre. Judiciaire. A l’occasion d’un procès qui ­l’oppose à l’ex-empereur centrafricain Jean-Bedel Bokassa à qui Bernard Tapie a acheté ses sept propriétés en France pour une bouchée de pain. L’épisode fondateur de sa légende. Tapie avait fait croire au monarque déchu que ses châteaux allaient être saisis par la justice française. Au terme d’« une bataille compliquée de procédure », écrit le journaliste Michel Bole-Richard – ce commentaire, fait des années avant le litige éminemment complexe concernant le Crédit lyonnais qui occupe toujours Bernard Tapie, peut faire sourire aujourd’hui –, les ventes seront annulées.

Il faut attendre le 24 juillet 1980 pour lire le premier portrait long et consistant de l’ancien chanteur Bernard Tapie, 36 ans, signé Laurent Greilsamer. « Résolument et outrageusement dans le coup », tout Bernard Tapie est déjà là : « Jeune brasseur d’affaires, qui se dope à la vitamine C, l’œil en perpétuel mouvement », « C’est un charmeur intelligent, un licencié ès psychologie et, à coup sûr, un génie de la publicité : “On vous a caché trop de choses, lance-t-il à la presse, je vous dirai tout.” Tout quoi ? ».

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