Economie française : le gouvernement laisse planer un vent d’optimisme

Le pire n’a pas eu lieu. Après dix-huit mois de pandémie, experts et politiques redoutaient les répliques du séisme Covid-19 sur l’économie française. Mais la fin de la période estivale est plutôt marquée par un certain optimisme au sein du gouvernement. « L’économie française se porte bien. On a eu les premiers chiffres de consommation des quinze premiers jours d’août. (…) Dans les restaurants, les factures de Cartes bleues ont augmenté de 5 % dans la semaine du 9 au 15 août », a indiqué le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, lundi 23 août, dans l’émission « Les Quatre Vérités » sur France 2. Au terme d’un été marqué par la résurgence de l’épidémie, la prévalence du variant Delta et l’instauration du passe sanitaire, ce chiffre a fait vivement réagir sur les réseaux sociaux et chez les restaurateurs opposés au fameux QR code.

En fait, ils proviennent de l’analyse des tickets de cartes bancaires des résidents français, comparés à la même période de l’année 2019. « Même si c’est bon signe, il aurait été plus pertinent de prendre l’année 2020 comme comparaison, remarque Mathieu Plane, de l’Observatoire français des conjonctures économiques. En effet, par rapport à 2019, avant la crise, les habitudes de consommation ont pu changer. De plus, il y a bien davantage de paiements sans contact, et les vacanciers ont privilégié la France comme destination estivale, ce qui était moins le cas il y a deux ans. » Enfin, ces chiffres ne prennent pas en compte le comportement des étrangers dont certains – surtout venus des Etats-Unis ou d’Asie – font cruellement défaut à l’industrie du tourisme tricolore cette année.

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Malgré ces réserves importantes, « on peut dire que l’économie française s’est bien sortie de la crise », souligne M. Plane. En témoigne la bonne surprise des chiffres du chômage, publiés mi-août : le taux de chômage est quasiment revenu à son niveau de fin 2019, à 8 % de la population active, a indiqué l’Insee, alors que certains le voyaient dépasser les 10 %. Les créations d’emplois ont aussi le vent en poupe. Quant au « mur des faillites » redouté par les observateurs, il semble s’éloigner, même s’il faudra encore attendre plusieurs mois, et notamment le remboursement des prêts garantis par l’Etat, pour connaître avec précision l’état de santé du tissu économique français. Le gouvernement prévoit une hausse de 6 % du PIB en 2021, après la récession de 8 % de 2020.

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