Edgar Morin, Gisèle Halimi, un « pote de droite »… en trois replays et deux podcasts

LA LISTE DE LA MATINALE

Le long cheminement d’un penseur dont on a fêté jeudi les 100 ans, une plongée au cœur du pouvoir avec un « pote de droite » devenu premier ministre et l’histoire de ces athlètes, issus des outre-mer, qui ont brillé aux Jeux olympiques figurent au riche programme de la semaine. Au rayon podcasts, on pourra s’immerger dans le monde complexe et passionnant des océans ou revenir sur l’existence quasi romanesque d’une célèbre avocate, icône de la lutte féministe.

Edgar Morin, cent ans de résistance et d’insoumission

Edgar Morin, à La Seyne-sur-Mer (Var), en 2020.

Edgar Morin, légende du siècle ? Peut-être bien. Pour les 100 ans du sociologue de la « complexité », né à Paris le 8 juillet 1921 sous le nom d’Edgar Nahoum, Jean-Michel Djian raconte sur Arte le long cheminement de ce voleur de feu d’un lyrisme enchanteur, qui a conservé la malice du braconnier, l’astuce du passeur en contrebande.

Croisant archives et entretiens, ce Journal d’une vie est sagement composé selon les étapes d’une biographie rythmée par des publications dont on mesure à quel point elles saisissent précocement les enjeux les plus contemporains – du cinéma vérité avec Jean Rouch, dès 1961, de la fabrication des stars (1957), ou de la culture de masse (1962), à la question de l’écologie ou de la sociobiologie. Il rappelle que l’esprit de résistance et d’insoumission est là d’une réjouissante fécondité.

Plébiscité désormais, l’homme n’a eu de cesse de relier les savoirs, de les confronter, sans craindre d’exploiter les contradictions pour frayer des chemins inédits où la pensée se ressource. La pensée complexe qu’il propose mérite mieux que les caricatures proposées par ceux qui ne l’ont pas lu. A des années-lumière des mandarins qui l’ont tenu à distance, tant son refus de l’académisme les dérangeait, le sociologue, champion d’une convivialité qui retrouve la générosité des festins, se délecte de l’harmonie des contraires comme de ce réel que jamais l’esprit ne pourra totalement saisir. Sa boulimie est juste la manifestation d’une soif de sens, d’une quête du réel qui ne se démentira plus.

Car Edgar Morin interroge le monde sans jamais vouloir l’assujettir au confort factice de la norme. Fuyant les chapelles et brouillant les pistes à force de multiplier les chantiers pionniers, animé par le souci du bien commun, Morin a l’insolente liberté du penseur étranger aux orthodoxies. Philippe-Jean Catinchi

« Edgar Morin, journal d’une vie »,documentaire de Jean-Michel Djian (2021, France, 54 min). Sur Arte.tv jusqu’au 5 septembre.

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