Edouard Philippe à l’horizon : c’est peut-être un détail pour vous

Edouard Philippe entouré de ses soutiens, au Havre, le 9 octobre.

Horizons de plus

C’était son heure, son jour, son lieu. Le samedi 9 octobre, au Havre, la ville dont il est maire, le si discret et si pudique Edouard Philippe a oublié les bonnes manières pour se laisser aller à un vaste moment d’autocélébration typiquement politicien. Acclamé et starifié, l’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron en a profité pour annoncer le lancement de son parti, destiné, non pas à concourir à la présidentielle, mais à ouvrir de nouveaux ­horizons pour le pays. Comme les choses sont bien faites, cette nouvelle offre politique a d’ailleurs été baptisée Horizons.

Le « V » en poupe

Si le « V » brandi par Edouard Philippe vous rappelle un président de la Ve République, c’est normal, c’est peut-être même le but. Mais sachez que ce signe de doigts passa à la postérité dès la seconde guerre mondiale. Le 14 janvier 1941, l’ancien ministre belge Victor de Laveleye proposa aux Belges, sur l’antenne de la BBC, d’utiliser ce symbole en signe de lutte contre l’occupant allemand. Cette initiative, baptisée « Campagne des V », eut d’ailleurs rapidement de l’impact. De Gaulle et Churchill ponctuèrent ainsi leurs discours respectifs de ce geste dès 1942.

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Code barbe

L’événement de samedi fut l’occasion d’observer, une nouvelle fois, l’évolution de la barbe d’Edouard Philippe et de constater que le blanc gagnait du terrain sur le noir, au point d’en occuper désormais les deux tiers. Rappelons donc, une dernière fois, que le maire du Havre souffre d’un vitiligo, ­affection indolore et sans gravité provoquant un éclaircissement de la peau et des poils, et qu’à ce titre aucune teinture ne peut être appliquée sur sa barbe. De même, raser celle-ci laisserait voir une peau dépigmentée, et ne réglerait donc pas le problème. Qui, si ça se trouve, n’en est pas vraiment un.

Toison angevine

Puisqu’il est question de poils, comment ne pas saluer, dans un tout autre registre, la chevelure de l’homme situé à la gauche d’Edouard Philippe ? Le dénommé Christophe Béchu, maire d’Angers depuis 2014 et secrétaire général d’Horizons, présente une généreuse crinière grisonnante, ondulante et très certainement entretenue par une cire coiffante effet mouillé. Une toison que certains classeraient volontiers dans la catégorie « cheveux de riches ». Soyons honnêtes, nous aussi.

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Contre temps

Par souci de parité, saluons également le ­voisin de droite d’Edouard Philippe. Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye, porte au poignet une remarquable Submariner de Rolex, équipée d’un bracelet Jubilé, d’un cadran noir, mais surtout d’une rutilante couronne verte. Dans ce décor entièrement bleu censé indiquer un horizon parfaitement dégagé, c’était osé. Mais peut-être moins que de lancer un parti politique à neuf mois d’une élection présidentielle sans s’y ­présenter.