Education sexuelle : les codes ont changé

LE SEXE SELON MAÏA

Parler de sexualité aux enfants : cette conversation, beaucoup de parents et d’adultes la redoutent. Certains ont peur de mal faire (d’en dire trop, ou pas assez, ou pas au bon moment). D’autres y projettent leurs mauvais souvenirs (des confessions forcées, des explications à côté de la plaque, des métaphores douteuses). D’autres encore se disent que l’éducation à la sexualité n’a rien à faire dans la relation parent-enfant (ça se discute), que quelqu’un d’autre se chargera de ce fardeau (ça se discute aussi), qu’il ne faut pas égratigner l’innocence des bouts de chou (innocence ou ignorance ? ça se discute également)…

Pourtant, le code a changé. Les enfants sont différents : Internet leur donne accès à toute l’information du monde, et non, désolée, vous ne pourrez pas contrôler leur consommation. Les adultes sont différents : moins attachés aux hiérarchies familiales strictes que par le passé, ils peuvent apporter leur touche d’empathie et d’humour (même le malaise peut être marrant, non ?). Enfin, l’éducation sexuelle est différente : le miel et les abeilles ont laissé place à un programme scolaire solide − peu ou pas suivi certes, mais disponible en ligne pour les parents les plus curieux.

Evoquons d’ailleurs un instant les contours de cette éducation sexuelle − qui charrie beaucoup de fantasmes. Quand les adultes évoquent le sexe, leurs interrogations se rangent essentiellement dans deux catégories : 1) comment plaire ; 2) comment (faire) jouir. Cependant, à hauteur de marmot, le sexe est avant tout un organe, dont il faut comprendre le fonctionnement, l’hygiène et l’évolution au moment de la puberté. Cet organe dicte tout un tas d’attentes sociales que les enfants peuvent éponger (« le rose, c’est pour les filles ») ou rejeter (« moi, je ne me marierai jamais »).

Le sexe qu’on a entre les jambes a un impact sur le rapport à l’amitié, à l’amour, au risque, au corps, à la confiance, à la santé, aux loisirs, à la carrière… les questions de désir et de plaisir sont présentes, bien sûr. Mais éduquer ses enfants à la sexualité ne signifie absolument pas qu’on leur apprend le Kama-sutra. D’autant que l’école, les camarades de récré, Internet et la pornographie prendront le relais sur les points plus « techniques » (avec plus ou moins de bonheur, mais c’est un autre débat).

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Face à ces considérables enjeux, les parents et grands-parents ont donc un rôle crucial à jouer… mais pas de panique ! Les familles bénéficient de supports spécifiques (ce n’est pas nouveau), extrêmement variés (ça, c’est nouveau) et surtout actualisés (les questions d’identité, d’orientation sexuelle et de consentement sont évidemment abordées).

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