Ehpad, hôpitaux : les ressources humaines au défi de l’obligation vaccinale

Le raz de marée tant redouté n’est pas arrivé. Au centre hospitalier intercommunal (CHI) d’Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil (Seine-Maritime), le DRH Benjamin Galle a poussé un ouf de soulagement le 15 septembre. Ce jour-là, l’obligation de se vacciner contre le Covid-19, imposée par les pouvoirs publics dans les établissements de santé et médico-sociaux, entrait en vigueur.

Il a pu constater qu’elle avait été massivement respectée au sein de son organisation. En conséquence, seuls trois agents devaient être suspendus sur les 2 200. « Nous étions inquiets quelques semaines auparavant, reconnaît-il. Nous savions que nous risquions de nous séparer potentiellement de bien plus de membres du personnel. » Des données de juillet indiquaient seulement 76 % d’agents vaccinés. Les dernières semaines auront donc vu nombre de professionnels venir grossir les rangs des vaccinés.

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La situation observée à Elbeuf se retrouve dans de nombreux établissements à travers la France. Il existe bien sûr des centres hospitaliers où la mobilisation antivax a été plus structurée, entraînant une proportion importante de suspensions et de démissions, et provoquant, parfois, la fermeture temporaire de lits, voire de services.

Pas de chute brutale des effectifs

Mais dans la majorité des cas, les services de ressources humaines ont évité la chute brutale des effectifs qu’ils craignaient. C’est le cas notamment au CHU de Nice où l’on s’était « préparé au pire », explique Karine Hamela, la directrice du pôle RH, en simulant, en amont de l’obligation vaccinale, des réorganisations de plannings avec un nombre important de suspendus. « Cela a favorisé une prise de conscience collective des impacts possibles de cette obligation et permis à l’encadrement de mener un travail de sensibilisation. »

Finalement, 4 % du personnel a été suspendu au 15 septembre. Une situation qui s’est améliorée depuis : ils n’étaient plus que 0,6 % le 5 octobre, en grande partie du fait de nouvelles vaccinations – mais aussi de quelques dizaines de départs.

Les chiffres

94 % des Ehpad interrogés dans le cadre d’une enquête de la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissement et services pour personnes âgées (Fnadepa) avaient au moins 90 % de leurs professionnels vaccinés au 24 septembre.

31,1 % se disaient alors face à un risque de rupture d’accompagnement.

25 % ont fermé des lits en raison de la situation dégradée (enquête menée du 21 au 24 septembre auprès des 1 300 directeurs de structures pour personnes âgées adhérents de la Fnadepa ; 282 directeurs ayant répondu).

Le constat est le même dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). « L’impact de l’obligation vaccinale n’est pas aussi important que ce que l’on craignait », indique Annabelle Vêques, directrice de la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa). Selon une enquête menée auprès des adhérents de la fédération, les établissements déploraient, au 24 septembre, en moyenne de 2 % à 3 % du personnel absent en raison de cet impératif – 48,4 % des structures ne signalant aucune absence.

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