Eiffage et Vinci, grands gagnants du chantier du Lyon-Turin

Le chantier du tunnel du Lyon-Turin, à Saint-André (Savoie), en septembre 2019.

Doucement, mais sûrement, le projet de liaison ferroviaire transalpine entre Lyon et Turin se concrétise. Mercredi 7 juillet, la société publique franco-italienne Tunnel Euralpin Lyon Turin (TELT), chargée de la réalisation, puis de l’exploitation, du tunnel de 57,5 kilomètres (l’un des plus longs au monde), qui doit être creusé sous la montagne et relier, d’ici à 2030, Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, et Suse, dans le Piémont, a attribué les contrats de chantier de la partie française. Celle-ci représente 80 % du futur ouvrage.

Les deux principaux lots ont été confiés aux groupements menés par Eiffage et Vinci pour un montant de près de 3 milliards d’euros. Le troisième a été emporté par le suisse Implenia, chargé de réaliser l’entrée du tunnel côté français. Le quatrième lot, les 12,5 kilomètres de la partie italienne, d’une valeur de 1 milliard d’euros, devrait être attribué dans quelques mois.

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L’idée de ce mégachantier de 25 à 30 milliards d’euros, encore contesté par certains écologistes et par des personnes soucieuses de l’utilisation de l’argent public, est de soulager les vallées alpines asphyxiées et de reporter une partie du transport routier de marchandises sur les rails. Les passagers bénéficieront également de cette infrastructure. Le tunnel principal sera constitué de deux tubes parallèles – de manière à séparer les sens de circulation – et de plus de deux cents galeries transversales, positionnées tous les 333 mètres, pour permettre les évacuations en cas de problème. L’Europe devrait en financer une bonne moitié.

« Un pas décisif »

Les galeries longues de 22 kilomètres confiées à Eiffage et à ses partenaires seront creusées à l’aide de deux tunneliers, pour le sens France-Italie, et au marteau piqueur et à l’explosif dans le sens inverse. Prévoir six ans de travaux. Le tronçon de 23 kilomètres du groupement Vinci prend, lui, la suite des 10 kilomètres déjà réalisés à Saint-Martin-de-la-Porte (Savoie). Trois tunneliers descendront sous terre. Mais, pour les sections les plus complexes, là encore, la roche sera attaquée de manière plus traditionnelle. Le chantier devrait durer cinq ans et demi.

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La commissaire européenne aux transports, Adina-Ioana Valean, a aussitôt salué « un pas décisif vers l’achèvement de la liaison ferroviaire Lyon-Turin », « attendue depuis longtemps », et qui permettra, explique-t-elle, de « déplacer de gros volumes de trafic transfrontalier de la route vers le rail ». Le tunnel du Fréjus a été jugé inadapté, notamment en raison des pentes d’accès qui seraient trop fortes. Cette analyse ne fait toutefois pas l’unanimité.

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