Election présidentielle 2022 : Anne Hidalgo veut des négociations sur la hausse des salaires et la question du temps de travail

Anne Hidalgo sur France 2, le 12 septembre 2021.

Anne Hidalgo veut mettre la question des conditions de travail et des salaires au cœur de sa campagne. La candidate socialiste a déclaré dimanche 10 octobre qu’elle était « pour une augmentation du smic et de tous les salaires ». « On a un énorme problème de niveau de salaire, le travail ne rémunère pas », a affirmé la maire de Paris dans « Dimanche en politique » sur France 3, en insistant notamment sur la situation des « classes moyennes et des catégories populaires ».

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Concernant le smic, la candidate souhaite « aller vers une augmentation de 10 à 15 %, au moins », mais estime que cette décision, comme celle, plus globale, d’augmenter tous les salaires, doit passer par des négociations dans toutes les branches. « Je crois au dialogue social, c’est aux partenaires sociaux d’en discuter », a-t-elle insisté.

« Reposer la question de comment on partage son temps »

Ces négociations seraient également l’occasion de « reposer la question du temps de travail », a dit Mme Hidalgo. Selon elle, « les conditions de travail se sont beaucoup dégradées, le télétravail a pris de l’ampleur », donc « il faut reposer la question de comment on partage son temps ». Cette proche de Martine Aubry, qui avait porté la semaine des trente-cinq heures, était interrogée sur l’idée des trente-deux heures. « Ce n’est pas à un président de décider, mais le politique est là pour donner une impulsion » et « la gauche a toujours donné cette impulsion », a répondu la socialiste.

A Paris, elle « refuse d’augmenter le temps de travail des éboueurs ou d[u] personnel de la petite enfance », qui « ont été en première ligne ». Selon cette ancienne inspectrice du travail, « aller vers une augmentation du temps de travail est un contresens », et le gouvernement de Jean Castex, qu’elle juge « de droite », ne « veut pas poser ces sujets de progrès social ». Mme Hidalgo, dont l’investiture par le Parti socialiste doit être confirmée jeudi, a ainsi appelé l’aile gauche de la Macronie, où figurent d’anciens socialistes, à la rejoindre.

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Comme grande réforme de société, la candidate promet par ailleurs, « dès le début du quinquennat » en 2022, de faire appliquer « le droit de mourir dans la dignité ». « Cela ne fait que trop longtemps que la majorité des Français sont pour », a-t-elle fait valoir, alors que le sujet de l’euthanasie a été vivement débattu à l’Assemblée nationale et que l’exécutif a renvoyé cette « question sociétale majeure » au débat présidentiel.

Le Monde avec AFP