Election présidentielle 2022 : Valérie Pécresse propose de supprimer « 150 000 postes dans l’administration »

« Pour stopper l’explosion de la dette et la ramener en 2027 au niveau actuel, nous devons atteindre 45 milliards d’euros d’économies, auxquels j’ajoute 15 milliards de recettes de privatisation », dit Valérie Pécresse.

La primaire à droite s’accélère. Dans un entretien publié sur le site de L’Opinion, lundi 18 octobre, Valérie Pécresse, candidate à l’investiture des Républicains (LR) à l’élection présidentielle, propose d’importantes suppressions de postes dans la fonction publique durant le prochain quinquennat.

« Mon objectif, c’est de supprimer 150 000 postes dans l’administration administrante. L’Etat doit se recentrer sur ses trois missions prioritaires : protéger, éduquer, soigner, avec là où il le faut des postes supplémentaires pour la justice, l’éducation et les soins. Il ne s’agit pas de dégrader le service public ni de casser la reprise. Mais les dépenses doivent baisser », insiste la présidente de la région Ile-de-France.

« Pour stopper l’explosion de la dette et la ramener en 2027 au niveau actuel, nous devons atteindre 45 milliards d’euros d’économies, auxquels j’ajoute 15 milliards de recettes de privatisation. L’Etat n’a pas vocation à rester actionnaire minoritaire d’entreprises concurrentielles », poursuit la candidate, qui brigue les votes des adhérents LR lors du congrès du 4 décembre face à ses deux principaux rivaux que sont Michel Barnier et Xavier Bertrand.

« Si je suis élue présidente de la République, ma première décision sera donc d’engager quatre grandes réformes de structure pour baisser les dépenses et diminuer la pression fiscale », ajoute-t-elle, énumérant « la retraite à 65 ans, la dégressivité des allocations-chômage, la “débureaucratisation” du pays et une décentralisation avec un lâcher-prise de l’Etat pour supprimer les doublons ».

En septembre, Mme Pécresse avait déjà évoqué la réduction « en cinq ans de 10 % de l’administration administrante, c’est-à-dire des fonctionnaires qui gèrent des normes et des procédures ».

Un objectif caressé puis abandonné par Emmanuel Macron

Amélie de Montchalin, ministre de la transformation et de la fonction publiques, a réagi sur Twitter. « L’“administration administrante” » n’existe que dans les interviews de Valérie Pécresse. Cette expression bien floue traduit le manque de vision de l’Etat à droite. C’est le retour de la méthode RGPP : les coupes sombres sans l’efficacité », a-t-elle estimé, dans une allusion à la « révision générale des politiques publiques » menée durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, de 2007 à 2012. En 2017, François Fillon, candidat défait de la droite à la présidentielle, avait défendu la suppression de 500 000 postes d’agents publics en cinq ans.

Emmanuel Macron avait, quant à lui, promis la suppression de 120 000 postes, 70 000 parmi les collectivités territoriales et 50 000 dans la fonction publique d’Etat, un objectif abandonné dès juillet 2019. Le budget pour 2022 confirme une stabilité des effectifs de la fonction publique d’Etat durant l’ensemble du quinquennat.

Dans l’entretien accordé à L’Opinion, Mme Pécresse propose par ailleurs « une aide à l’investissement de proximité », afin de « rééquilibrer les territoires. Dans les communes de moins de 20 000 habitants, les particuliers pourront investir en action ou prêter à leurs entreprises locales sur cinq ans minimum avec un crédit d’impôt de 50 % pour un investissement maximal de 20 000 euros », suggère-t-elle.

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Le Monde avec AFP