Election présidentielle : le gouvernement multiplie les dépenses à quelques mois du scrutin

Emmanuel Macron, en visite à la fête agricole les Terres de Jim, à Corbières-en-Provence (Alpes-de-Haute-Provence), le 10 septembre 2021.

En quelques jours, les promesses se sont multipliées. La rentrée devait marquer la fin du « quoi qu’il en coûte » et des dépenses de soutien aux entreprises pénalisées par la crise sanitaire, qui ont totalisé à elles seules environ 70 milliards d’euros (hors prêts garantis par l’Etat et hors plan de relance). Mais pas un jour ne passe, ou presque, sans que ne soient annoncées de nouvelles dépenses, souvent par le chef de l’Etat lui-même, pour venir en aide à tel ou tel public particulier.

Ainsi, près de 1,5 milliard ont été promis à la ville de Marseille lors de la visite d’Emmanuel Macron le 2 septembre. Puis 500 millions d’euros supplémentaires au ministère de l’intérieur, après une rallonge de 1 milliard d’euros, déjà, en juillet. Suivis de 600 millions d’euros (par an) pour les agriculteurs afin de mettre sur pied un nouveau système d’assurance récolte. Le même jour, le président de la République évoquait un plan « massif pour les équipements sportifs », comportant « plusieurs milliers de terrains de basket », des « dojos », des « skateparks », des « piscines ». Jeudi 16 septembre, le président détaillait des mesures visant à améliorer le statut de 3 millions de travailleurs indépendants, qui devraient coûter plusieurs centaines de millions d’euros, tandis que le premier ministre, Jean Castex, annonçait un coup de pouce de près de 600 millions d’euros pour les ménages modestes avec le « chèque énergie ».

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Le premier ministre s’est également félicité des 2 milliards d’euros supplémentaires prévus pour le dispositif « MaPrimeRénov ». Vendredi 17 septembre, un « plan inédit » pour les chômeurs longue durée était présenté par la ministre du travail, Elisabeth Borne, dans Le Parisien. Et le décompte n’est pas terminé. Deux gros morceaux sont attendus cet automne : le plan d’investissement « France 2030 » qui avoisinerait 30 milliards d’euros sur plusieurs années, et le « revenu d’engagement » pour les jeunes, non encore chiffré, évalué par certains à 1 ou 2 milliards d’euros.

Le financement, une « question annexe »

Ces promesses n’ont pas toutes vocation à se concrétiser dès le budget 2022. Mais aucune ne semble, à ce stade, financée autrement que par de la dette. Est-ce le syndrome d’un président en fin de quinquennat qui multiplie les mesures catégorielles alors qu’il s’apprête à se déclarer candidat ? « Distribuer des chèques, c’est un classique de fin de mandat, tempère Chloé Morin, spécialiste de l’opinion pour la Fondation Jean-Jaurès, et passée par Matignon entre 2012 et 2016. François Hollande aussi avait lâché les cordons de la bourse et les budgétaires avaient dû faire des tours de passe-passe pour que ça rentre dans les cases. » Au point que la Cour des comptes avait jugé « insincère » le dernier budget de l’ère Hollande.

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