Election présidentielle : le pouvoir d’achat s’invite dans la précampagne de l’exécutif

Ils voulaient l’afficher comme un point fort, vont-ils le traîner comme un boulet ? Depuis la rentrée, les responsables de la majorité ne cessaient de vanter la qualité du bilan économique et social d’Emmanuel Macron. Croissance en hausse, impôts et chômage en baisse… Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, se félicitait d’un « succès » pour le chef de l’Etat, en particulier dans la perspective de l’élection présidentielle de 2022. « Ce qui détermine le vote des gens, c’est ce qu’ils ont dans leur assiette. Le bilan économique est nickel », insistait-on à Bercy. Dès lors, la stratégie de l’exécutif se voulait limpide : valoriser ce capital et, en même temps, muscler le ton sur le régalien afin de contrer la droite et l’extrême droite. Mais c’était sans compter sur les dégâts causés par la flambée des prix de l’énergie, qui a réactivé le débat sur le pouvoir d’achat.

Jeudi 21 octobre, le premier ministre, Jean Castex, s’est retrouvé contraint de jouer les pompiers, une fois de plus. Il a annoncé, lors du journal de 20 heures de TF1, que le gouvernement allait octroyer une « indemnité classe moyenne » de 100 euros en réponse à la hausse des prix de l’essence et de l’agroalimentaire. Seront concernés, à partir du mois de décembre, tous les Français touchant moins de 2 000 euros net par mois, soit 38 millions de personnes, a précisé le locataire de Matignon. Pas question de laisser s’attiser les braises de la colère sociale, trois ans après l’irruption des « gilets jaunes », qui avait été causée, en partie, par l’augmentation de la taxe carbone. Il aura fallu huit jours à l’exécutif pour accoucher de cette solution. Elle avait été promise par Emmanuel Macron face à une inflation qui, selon lui, « touche tous [les] compatriotes, et plus durement les plus modestes, ceux qui vivent parfois dans les habitations les moins bien isolées, ceux qui ont des déplacements contraints et qui doivent faire le plein chaque jour ».

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« Les chiffres sont sincères »

Le chef de l’Etat pensait avoir apaisé la colère sociale en déversant des dizaines de milliards d’euros pendant la crise sanitaire avec le « quoi qu’il en coûte » ; le voilà désormais contraint de remettre l’ouvrage sur le métier afin de contrer les procès en déconnexion qui lui sont intentés par l’opposition. « Le gouvernement se réveille, passé mi-octobre : “Tiens, il semblerait qu’il y ait un problème de pouvoir d’achat en France”, a raillé le président (Les Républicains) de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, mercredi, sur Sud Radio. Ces gens-là, plus déconnectés au monde, ça n’existe pas ! » Le 30 septembre, déjà, Jean Castex avait dû annoncer en catastrophe l’instauration d’un chèque énergie et de mesures de blocage des tarifs du gaz. Ces dernières seront maintenues « sur tout le long de l’année 2022 », a précisé le premier ministre, jeudi.

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