Elections départementales : le tourisme dans les Pyrénées-Atlantiques, une compétence partagée mais convoitée

Les hauteurs de Biarritz, le 23 mai.

De longue date, les Pyrénées-Atlantiques se sont dotées d’un comité départemental du tourisme : normal, le département gère les stations d’altitude mais aussi le très couru petit train de La Rhune, au-dessus de Saint-Jean-de-Luz. Mais, avec la loi NOTRe du 7 août 2015, le tourisme est devenu une compétence partagée entre l’Etat, la région, le département, les communes, et même les intercommunalités – quand celle-ci leur a été transférée. Il en résulte une certaine complexité qui, si elle indiffère le vacancier, peut parfois générer des frictions entre les différents échelons.

En Nouvelle-Aquitaine, le conseil régional a son comité régional du tourisme, chaque département, son comité départemental, tandis que les communes ou les intercommunalités peuvent instituer un office du tourisme. La région est chargée de mettre en œuvre le schéma régional de développement du tourisme et des loisirs, dans lequel s’intègrent les autres échelons. Ainsi, dans les Pyrénées-Atlantiques (677 000 habitants), Cambo-les-Bains, Bayonne, Anglet, Biarritz, Bidart ou Hendaye, stations classées, se chargent directement de leur promotion touristique. La communauté d’agglomération du Pays basque (CAPB), née en 2017, qui regroupe pas moins de 158 communes, ce qui en fait la cinquième la plus peuplée de France et la première en superficie et en nombre de communes, en a fait un dossier majeur.

Eviter les doublons

Toutes ces strates s’emboîtent-elles ou se concurrencent-elles ? L’apparition dans le métro parisien, l’hiver dernier, d’affiches publicitaires promouvant l’été à Hendaye, Cambo ou Biarritz a suscité « de la friture sur la ligne » : l’opération ne collait pas vraiment à la politique touristique que souhaitent développer les acteurs de la collectivité basque. « Pas besoin de communiquer sur la côte basque en été mais plutôt en faveur d’un tourisme étalé au fil des saisons et vers un intérieur plus rural », plaide Daniel Olçomendy, vice-président de la CAPB.

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Le problème est donc de s’accorder entre les quatre échelons, que chacun ait un rôle clair, en essayant d’éviter les doublons. Le département a effectué sa mue en passant du « Ici les Pyrénées sont atlantiques » à « Béarn, Pays basque, plutôt deux fois qu’une », garantissant ainsi la promotion des deux territoires. Il a créé à cet effet l’Agence d’attractivité et de développement touristiques Béarn-Pyrénées-Pays basque, soit 30 personnes et un budget de 4 millions d’euros, avec une présidence tournante. « Notre tâche, c’est l’ingénierie et le marketing touristiques. L’accueil reste l’affaire des offices, précise son directeur, Denis Ulanga. Nous avons des moyens spécifiques à chaque destination, le Béarn ayant une notoriété touristique moindre que celle du Pays basque. »

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