Electricité : six scénarios pour atteindre la neutralité carbone en 2050

La centrale photovoltaïque de Marville, dans la Meuse, le 20 avril 2021.

A quoi pourrait ressembler le « mix »  électrique français en 2050 ? Combien d’éoliennes ou de réacteurs nucléaires seront nécessaires pour atteindre la neutralité carbone, comme le pays s’y est engagé dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat ? Le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE) fait un pas de plus dans la définition des « futurs énergétiques » en publiant, mardi 8 juin, le bilan de la consultation publique sur le sujet ainsi que les six scénarios de production d’électricité retenus – contre huit envisagés initialement.

A la demande du gouvernement, RTE a lancé, en 2019, une vaste étude portant sur l’évolution du système électrique, qui pourrait fournir 60 % de la consommation d’énergie finale en 2050 (contre un quart aujourd’hui), du fait de l’électrification de nombreux usages. A l’issue de travaux de modélisation et d’analyse d’ampleur inédite, l’entreprise détaillera, à l’automne, les conditions techniques, mais aussi le coût, l’empreinte environnementale et l’impact sur les modes de vie des différents « mix » de production électrique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La longue marche de la France pour atteindre 100 % d’énergies renouvelables

Les caractéristiques de ces scénarios ont été consolidées lors de la consultation menée de janvier à mars, à laquelle 4 000 organisations et particuliers ont contribué. Ils représentent autant de trajectoires possibles, allant d’une option « 100 % d’énergies renouvelables » à une autre avec encore 50 % de nucléaire. Alors que le débat politique français est extrêmement polarisé entre partisans de l’atome et défenseurs de l’éolien et du solaire, le gestionnaire d’électricité défend une position de neutralité. « Nous ne prenons pas parti pour une technologie ou une autre, insiste-t-on chez RTE. Nous ne sommes ni pro ni anti-éolien, ni pro ni antinucléaire. L’objectif est d’éclairer les différents choix et de proposer des solutions. »

Un parc de 56 réacteurs nucléaires

Actuellement, les 56 réacteurs nucléaires assurent plus de 70 % de la production d’électricité. Mais ce parc, mis en service pour l’essentiel entre la fin des années 1970 et le début des années 1990, arrivera largement en fin de vie d’ici à 2060. Si aucune décision ne devrait être prise, d’ici à la fin du quinquennat, quant à de nouvelles installations, EDF a remis, en mai, au gouvernement, son dossier concernant la construction de six réacteurs de nouvelle génération de type EPR.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Electricité : la France ne respecte pas sa feuille de route pour la transition énergétique

Dans les scénarios étudiés par RTE, le nucléaire représente au maximum 50 % du « mix » électrique en 2050. Pour y parvenir, il faudrait que la durée de vie de certains réacteurs actuels soit prolongée au-delà de 60 ans, que 14 EPR soient mis en service et que de petits réacteurs modulaires (SMR) soient construits. « Ce seuil de 50 % n’est pas un parti pris, c’est ce que la filière nucléaire considère comme un développement envisageable », précise RTE.

Il vous reste 32.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.