Electrique, vélo et contestation : ce qu’il faut retenir du Salon automobile de Munich

La chancelière allemande  Angela Merkel (au centre, dans la voiture), au Salon de la mobilité de Munich (IAA Mobility), le 7 septembre 2021.

Ce fut l’un des derniers gestes d’Angela Merkel en tant que chancelière d’Allemagne : l’inauguration, mardi 7 septembre, du Salon de la mobilité de Munich (IAA Mobility), son huitième show automobile en tant que dirigeante du pays phare de cette industrie en Europe. Drôle de millésime d’ailleurs que ce salon 2021. Il se déroule pour la première fois dans la capitale bavaroise au lieu de Francfort, sa localisation traditionnelle. En voici les principales tendances, glanées le long des travées.

  • De faux airs de Las Vegas

Eclaté entre le centre-ville et la foire-exposition, en périphérie, IAA Mobility ne ressemble guère à un salon automobile classique. Les stands usuels, avec leurs véhicules présentés, constituent une minorité d’exposants. L’absence de nombreuses marques joue évidemment, mais le choix des organisateurs de mêler les genres crée aussi cette impression. Dans les principaux halls se trouvent des constructeurs, des équipementiers, une myriade de jeunes pousses, quelques institutions – Länder (Etats-régions) allemands, police de Munich –, ainsi que des espaces de forum et de débat. Deux halls entiers sont occupés par plus de 70 marques de vélo, d’ailleurs largement ignorées par les journalistes lors de la première journée presse, lundi 6 septembre. L’ensemble rappelle davantage le Consumer Electronics Show de Las Vegas que les salons de l’automobile tels qu’on les connaît en Europe.

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  • Un climat de contestation

La présence des vélos et le choix de rebaptiser l’événement « salon de la mobilité » n’a pas refroidi l’ardeur des opposants allemands à la voiture. Mardi matin, des activistes du climat ont bloqué des autoroutes et la veille du salon, la Volkswagen Night avait été perturbée par quelques militants de Greenpeace brandissant une version engluée du célèbre logo sur un drapeau jaune. « 90 % des Volkswagen vendues aujourd’hui ont un moteur thermique, argumente Marion Tiemann, experte climat chez Greenpeace. La mise en avant de l’électrique, c’est du greenwashing [recours à un argument écologique pour se forger auprès du public une image écoresponsable] et c’est dramatiquement insuffisant pour contrer le réchauffement. » Ce discours a ses adeptes outre-Rhin, même à Munich, la ville de BMW, en particulier depuis le choc des inondations de juillet et à l’approche des élections législatives du 26 septembre.

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  • L’industrie française à l’honneur

L’IAA 2021 est clairement une vitrine du savoir-faire technologique allemand, malgré une forte représentation de la France, deuxième nation la plus visible. Les grands équipementiers tricolores – Faurecia, Valeo, Plastic Omnium – y ont un stand vaste et bien placé, ainsi que la société d’homologation des véhicules, l’UTAC. La présence de Michelin est un peu plus modeste. Le stand Renault est l’un des plus grands du show. Il aura les honneurs de la visite de Mme Merkel. L’ex-Régie est le seul constructeur non allemand à recevoir la chancelière mardi, ce qui ravit les cadres de l’entreprise, au premier rang desquels son directeur général, Luca de Meo, parfaitement germanophone. L’Italien polyglotte a démarré la présentation de la nouvelle Mégane électrique, fabriquée dans l’usine de Douai (Nord), lundi 6 septembre, par une longue introduction remarquée, dans un allemand impeccable.

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