« Elle range elle-même son sac dans le coffre de sa voiture ! » : Merkel et ses admirateurs de la dernière heure

La chancelière allemande Angela Merkel, le 7 septembre, à Berlin.

Les gens avec qui on a vieilli finissent souvent par emporter notre affection au moment de leur disparition, quoi qu’on ait pensé d’eux de leur vivant. Il a ainsi pu sembler que toute la France était fan de Johnny lors de ses funérailles. Et c’est peut-être la raison pour laquelle on découvre, depuis quelques semaines, des fans d’Angela Merkel qu’on ne soupçonnait pas.

Parmi eux, des gens de gauche qui ont oublié son conservatisme dès lors qu’elle a ouvert les portes aux migrants syriens, des féministes qui ont découvert qu’une femme avait été au pouvoir pendant seize ans, des observateurs devenus fans de son style « normal » depuis que ses quatre mandats lui ont donné l’apparence d’une monarque. Son art de ne pas attirer l’attention a fini par attirer celle de commentateurs qui s’acharnent à décrypter a posteriori ce qu’elle a fait spontanément (le losange avec les mains, sa coiffure de Nicolas Hulot…).

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Même Anna Wintour, l’emblématique patronne de Vogue, salue désormais son style ! On mesure aussi cette Merkelmania, dans le documentaire Recherche Merkel désespérément, de Marion Van Renterghem, aux efforts que font nos deux derniers présidents mono-mandat, Nicolas Sarkozy et François Hollande, à rappeler tout ce que la chancelière trois fois réélue a pu retenir de leurs précieux conseils.

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A quoi on les reconnaît

Quand ils saluent ses décisions, ils rappellent qu’ils avaient eu l’idée avant. Quand ils soulignent ses qualités, ils en profitent pour rappeler les leurs. Nicolas Sarkozy : « Elle a conceptualisé la lenteur comme une solidité… J’ai conceptualisé la vitesse comme une marge de manœuvre. » François Hollande : « Il fallait que je lui démontre qu’il y avait une autre option. »

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Ils lui font des compliments avec des « mais » qu’ils ne voudraient pas qu’on emploie à leur sujet (Sarkozy : « C’est pas une femme qui va faire un discours brillantissime, c’est pas une femme qui va faire lever les foules, mais c’est une femme solide. »). Fascinés par sa puissance, ils font l’éloge de sa simplicité et peuvent dresser la liste des symboles du pouvoir qui ne l’intéressent pas. Ils ont des souvenirs avec elle.

Comment ils parlent

« C’est l’absence de vanité, de verbe, de mise en scène de soi qui fait rêver les Français. » « Elle range elle-même son sac dans le coffre de sa voiture ! » « Elle porte son parapluie ! » Anna Wintour : « Elle a l’air de quelqu’un qui sait qui elle est. Je n’ai pas l’impression qu’elle essaie de se déguiser. » Une eurodéputée française : « Un pantalon sombre, une veste de couleur, maintenant on fait toutes ça. Elle a inventé la tenue de travail des femmes en politique. » Nicolas Sarkozy : « On a parlé de Merkozy très tôt. » « Un couple fonctionne quand il est complémentaire, pas quand il se ressemble. »

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