Emballement autour du RSA pour les non-vaccinés

C’est l’histoire d’un emballement dans le creux de la morne actualité d’un week-end de Toussaint. Au départ, une information révélée par Sud-Ouest. Le quotidien régional fait état, samedi 30 octobre, d’un courrier adressé la veille au premier ministre par les présidents, tous élus du Parti socialiste, de quinze départements (Loire-Atlantique, Gironde, Gers, Landes, Seine-Saint-Denis, Aude, Tarn, Nièvre, Lozère, Haute-Vienne, Pyrénées-Orientales, Ariège, Lot-et-Garonne, Côtes-d’Armor, Haute-Garonne). « Les départements refusent d’assumer seuls le versement du RSA aux antivax », résume le quotidien.

Dans ce courrier, que Le Monde s’est procuré, les présidents de conseils départementaux évoquent « la décision ministérielle relative au traitement des situations de suspension de contrat de travail en l’absence de passe sanitaire ». Selon eux, « la solution retenue serait de neutraliser les ressources des salariés en situation de suspension, à titre dérogatoire, afin de les rendre d’emblée éligibles au RSA [revenu de solidarité active] ».

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Les élus socialistes expriment leur « désaccord sur cette décision ». Ils estiment qu’« elle introduit une inégalité de traitement vis-à-vis des autres publics ». Qu’« elle prétend transformer le RSA, dispositif de solidarité destiné aux personnes dans l’impossibilité d’avoir des revenus d’activité, en allocation-chômage ou en exutoire de la politique sanitaire nationale ». « Il n’est pas acceptable qu’une décision relative à la gestion du RSA soit prise sans consultation avec les départements. C’est pourquoi nous souhaitons que le gouvernement rapporte sa décision et la soumette à concertation avec nos collectivités », conclut le courrier.

« Rien de concret »

Dans la foulée, l’information est reprise sur le site du Parisien sous le titre : « Quinze départements proposent de ne plus verser le RSA aux salariés suspendus pour non-vaccination ». Le titre sera modifié par la suite, mais le coup est parti. D’autres publications suivent dans les médias écrits et audiovisuels, reprenant la même thématique de refus des départements de verser le RSA aux salariés non vaccinés, entraînant de virulentes réactions par les antivax sur les réseaux sociaux. Les départements réfractaires sont accusés de « vouloir la mort des soignants licenciés ».

Prenant conscience de l’interprétation qui a été faite de leur prise de position, les quinze départements tentent de rectifier le tir par un communiqué titré « RSA dérogatoire : l’Etat doit compenser ses décisions ». « L’Etat doit assumer ses choix sans en faire supporter le financement par les départements », conclut celui-ci.

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