Emmanuel Macron annonce la défiscalisation des pourboires par carte bancaire

Une serveuse le 12 mai 2021, avant la réouverture des restaurants et des terrasses de café, le 19 mai.

Les pourboires seront défiscalisés en 2022. Emmanuel Macron a fait cette annonce lundi 27 septembre à Lyon, aux professionnels réunis au Salon international de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation (Sirha), à Lyon.

Aujourd’hui, contrairement aux pourboires versés en espèces, les transactions par carte sont automatiquement déclarées et imposées. Mais grâce à cette annonce, un employé dans la restauration ou l’hôtellerie qui recevra un pourboire par carte bancaire n’aura plus besoin de le déclarer aux impôts, dès 2022. Ces transactions échapperont donc à l’impôt sur le revenu, ainsi qu’aux cotisations.

Accusé par l’opposition de sortir le carnet de chèque à sept mois de la présidentielle, l’entourage d’Emmanuel Macron se défend de tout électoralisme en disant que la mesure n’a pas de coût supplémentaire pour l’Etat : les pourboires versés en liquide sont actuellement très peu déclarés, et donc imposés.

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Cette mesure se veut un coup de pouce donné aux employés, mais aussi aux patrons qui ont du mal à recruter. Il s’agit aussi d’un geste envers un secteur qui a été frappé de plein fouet par la crise sanitaire du Covid-19. Le marché de la restauration commerciale a vu son chiffre d’affaires presque divisé par deux sur les sept premiers mois de l’année, comparativement à 2019, selon une étude de NPD Group. De janvier à juillet, par rapport à l’activité d’avant-Covid-19, le chiffre d’affaires a reculé de 45 %, et la fréquentation, de 39 %, explique le spécialiste des études de marché, dans un point sur l’activité d’un secteur qui en 2019 représentait 57 milliards d’euros en France.

La restauration commerciale « hors domicile » inclut la restauration avec service à table (cafés, bars, brasseries, cafétérias), la restauration rapide (fast-foods, ventes à emporter ou livrées, sandwicheries, boulangeries, traiteurs), la restauration dans les transports et les lieux de loisirs (musées), dans les entreprises et par distributeurs automatiques.

C’est la restauration à table qui a le plus souffert : avec « cinq mois de fermeture dus au Covid-19, elle a perdu les deux tiers de son chiffre d’affaires, soit − 68 % » à la fin juillet, contre « − 17 % pour la restauration rapide », estime Maria Bertoch, experte du secteur pour NPD Group, qui table sur un « retour à la normale d’ici deux ans ». En 2022 « le marché global reprendra sa croissance », avec une hausse du chiffre d’affaires de 21 % par rapport à 2021, anticipe le spécialiste des études de marché, tandis que le niveau de 2019 devrait être retrouvé en 2023.

Le Monde avec AFP