Emmanuel Macron tente de se projeter dans « la France de 2030 »

Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée, lundi 12 juillet 2021.

Emmanuel Macron avait promis une dernière année utile, celle-ci a déjà de faux airs de programme économique de campagne. La moitié du discours prononcé par le chef de l’Etat lundi 12 juillet au soir a été, de fait, consacrée à son bilan et à l’avenir de l’économie – à la « France de 2030 ». « L’été de la mobilisation pour le vaccin sera aussi l’été de la relance », a-t-il martelé.

Outre la réforme des retraites, renvoyée à une autre date « tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle », le chef de l’Etat a annoncé, pour ses neuf derniers mois, un éventail de mesures ciblant peu ou prou tous les publics : les jeunes, les salariés, les chômeurs, les retraités, les handicapés, les entreprises ou l’industrie.

Lire notre décryptage : Emmanuel Macron contraint de mettre un coup de frein au virus… et à ses réformes

Objectif : montrer, encore et toujours, que la crise sanitaire n’entame pas sa volonté de réformer ou d’agir. Ni son optimisme : la dégradation de la situation sanitaire n’est pas, pour lui, de nature à compromettre la croissance cette année, qu’il estime à 6 % pour 2021, soit un point de plus que les prévisions du ministère de l’économie. « Alors que ce qui préoccupe les Français, c’est de savoir s’ils vont partir en vacances, Emmanuel Macron envoie un message qui va au-delà du menu de la dernière année, décrypte Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l’IFOP. Il ne veut pas laisser dire qu’il est sur un horizon à petite focale où il piloterait la situation sanitaire à la semaine à cause du variant. »

Pas d’augmentation d’impôts

Le président a ainsi évoqué tout à la fois de nouvelles mesures de soutien pour la jeunesse, un « plan d’investissement » ciblant le numérique, les industries vertes ou les biotechnologies, mais aussi un « plan massif de formation et de requalification des chômeurs de longue durée », des mesures pour « simplifier » et « réformer l’Etat », et « un accompagnement renforcé » pour les personnes âgées dépendantes. Sans toutefois donner plus de détails, si ce n’est la promesse répétée que les impôts n’augmenteront pas.

L’une des mesures les plus attendues était sans doute celle ciblant les jeunes sans emploi et sans formation, dont la situation s’est aggravée avec la crise, qui devraient ainsi bénéficier d’un « revenu d’engagement », fondé « sur une logique de devoirs et de droits », a-t-il précisé. Un dispositif qui s’inscrit dans la droite ligne de la garantie jeunes, ce revenu d’insertion de près de 500 euros versé aux jeunes de 16 à 25 ans les plus en difficulté en contrepartie d’une formation. A l’automne 2020, le gouvernement en avait déjà élargi les bénéficiaires à 200 000 jeunes, mais il songeait depuis à le généraliser.

Il vous reste 43.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.