« En 2022, c’est le profil des dix prochaines années qu’il faudra trancher, après l’épreuve collective de la pandémie »

Trois rapports, commandés par Emmanuel Macron pour baliser le chemin de l’après-pandémie, donnent une idée assez claire des quatre grands enjeux qui attendent le pays au cours des prochains mois. Le premier a trait au réchauffement climatique, auquel il va falloir résolument s’attaquer. « Il nous reste peu de temps pour agir », avertissent les économistes Olivier Blanchard et Jean Tirole au terme d’un travail mené avec plusieurs confrères français et internationaux. Après avoir souligné « le décalage entre les discours volontaristes accompagnés d’engagements à long terme et les actions concrètes des acteurs politiques », ils jugent inéluctable de taxer progressivement et fortement le carbone afin de modifier les comportements. Rappelons que la taxe du carbone est cet impôt qui a produit un effet dynamiteur sur l’actuel quinquennat à travers le mouvement des « gilets jaunes ».

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Le deuxième défi concerne la réforme des retraites, autre chantier avorté de l’actuel quinquennat. Qu’elle consiste à mettre fin au système corporatiste des régimes spéciaux ou qu’elle se limite à une mesure d’âge, l’équation est la même : il va falloir travailler plus longtemps au cours des prochaines années, non pas par idéologie ni par masochisme, mais parce que le rapport entre le nombre de cotisants et le nombre d’inactifs qui fonde le régime par répartition se dégrade du fait du vieillissement de la population.

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Le troisième défi est lié à la dette publique, qui a considérablement gonflé au rythme de la politique du « quoi qu’il en coûte ». Elle représentait 98,3 % de la richesse nationale en début de quinquennat. Elle devrait se stabiliser, « au mieux à 120 % du PIB, d’ici à 2030, avec le risque qu’elle gonfle à 140 % », estime la Cour des comptes dans le rapport qu’elle vient de rendre sur la stratégie de sortie de crise des finances publiques. Si le bas niveau des taux d’intérêt permet à court terme de relativiser le problème, la maîtrise de la dette préconisée à partir de 2030 dans le rapport Arthuis et avancée à 2027 dans le rapport de la Cour des comptes va en revanche engendrer des arbitrages douloureux en matière de dépenses publiques. Il va falloir sauver « les dépenses d’avenir » (transition écologique, numérique, éducation, recherche) et empêcher les autres d’augmenter, préviennent les magistrats. La Cour des comptes évoque notamment le reformatage de certains grands postes de dépenses tels que la santé, l’emploi et le logement.

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