En attendant Lionel Messi, Amazon a lancé sa saison de Ligue 1 sans accroc

Le timing n’est pas mauvais pour Amazon. La perspective de l’arrivée du footballeur argentin Lionel Messi au Paris-Saint-Germain ne pourrait être qu’une bonne nouvelle à court terme pour l’entreprise de Jeff Bezos, qui, à la surprise générale, a acquis 80 % des droits de diffusion de la Ligue 1 en acquittant un montant peu élevé (250 millions d’euros par an). Même si l’impact du possible recrutement de la star planétaire est difficile à quantifier.

« Avec Messi à Paris, celui qui fait le plus gros coup de ce mercato, c’est Amazon, avec des droits payés en tickets-resto », s’amuse un internaute sur Twitter. « Personne ne parle de la chance incroyable d’Amazon » avec le possible transfert de l’ex-meneur de jeu du Barça, s’étonne un autre.

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La possibilité d’une venue de « Leo » Messi à Paris survient en tout cas alors que le géant américain de l’e-commerce, qui était attendu au tournant, a commencé à montrer sur sa plate-forme des rencontres de Ligue 1 ce week-end du 7 août.

Dans une tradition d’opacité sur ses chiffres d’abonnement ou d’audience, Amazon ne donne pas d’indication sur le nombre de spectateurs qui se sont connectés sur sa chaîne Le Pass Ligue 1, accessible depuis sa plate-forme audiovisuelle Prime Video. Mais le nouvel entrant dans la diffusion du football en France peut au moins se targuer de ne pas avoir connu de bug, comme ceux rencontrés par RMC Sport à ses débuts, en 2018.

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Sur Twitter, les quelques retours d’internautes sont plutôt positifs à propos des retransmissions. « Qualité d’image superbe, qualité de diffusion parfaite, commentaires au top », énumère un internaute. Amazon a notamment recruté des ex-joueurs comme Thierry Henry, Ludovic Giuly ou Edouard Cissé, et lancé un multiplex du dimanche présenté par Karim Bennani, ex de Canal+.

« Amazon Ligue 1, c’est un grand oui ! Images au top, dix secondes de pub, Stadium FX… », salue un autre spectateur, appréciant la possibilité de couper les commentaires pour ne garder que le son du stade. « On rentre enfin dans une autre ère. Fini les chaînes linéaires basiques. Là, ça parle pas chinois. Y’a match, tu cliques, y’a une pub et c’est tout », s’enthousiasme un autre. « Je suis une faible, j’ai cédé à Amazon alors que j’appelais au boycott. Frappez-moi », ironise une fan de foot, avant de nuancer, « j’ai pris un essai de sept jours jusqu’à la deuxième journée, après on verra ».

Amazon propose jusqu’au 29 août d’essayer pendant sept jours Le Pass Ligue 1, sa chaîne à 12,99 euros par mois. Il est aussi possible de tester gratuitement pendant trente jours son service de fidélité Prime (49 euros par an ou 5,99 euros par an), indispensable pour accéder à la Ligue 1.

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La question-clé de l’accessibilité

L’offre bâtie par Amazon pour le championnat, réservé aux membres de Prime, mais avec un surcoût, sera-t-elle un succès ? C’est encore trop tôt pour le dire. « Donc, pour regarder la L1, je dois m’abonner à Amazon et en plus m’abonner au Pass Ligue 1 ? Le piratage a encore de beaux jours devant lui… », twitte un internaute.

« Pas de Ligue 1 cette année. Faut pas déconner. Amazon + BeIN Sports + RMC Sport + Canal+ ? », s’indigne un autre, devant la multiplication des diffuseurs. D’autres soulignent que Prime donne aussi accès à un bouquet de services, dont la livraison rapide d’articles e-commerce, des séries et films, de la musique…

La question de l’accessibilité sera primordiale, certains internautes regrettent que Prime Video ne soit pas disponible sur toutes les boxes TV des opérateurs de télécoms, ce qui oblige à regarder les matchs sur son ordinateur ou sa tablette, plutôt que sur son téléviseur, si celui-ci n’est pas connecté. Amazon a annoncé plusieurs accords, avec Bouygues, SFR ou Free (fondé par Xavier Niel, actionnaire à titre individuel du Monde), dont une boxe inclut déjà l’abonnement à Prime Video.

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A plus long terme, Amazon sera-t-il un diffuseur pérenne du football français ? Le secteur est enclin à la prudence, après les difficultés de BeIN Sports, financé par l’Etat qatari, de RMC Sport, conçu comme produit d’appel pour l’opérateur télécoms SFR, ou de Mediapro, trop ambitieux pour ses moyens.

Le modèle d’Amazon dépend de l’augmentation par la diffusion sportive du nombre d’abonnés Prime, qui achètent davantage d’articles d’e-commerce. A ce jeu, l’arrivée de Messi peut peser. Elle risque aussi toutefois de renchérir les droits de retransmission lors du renouvellement de l’appel d’offres. C’est souvent à ce moment qu’on peut évaluer la solidité du modèle d’un diffuseur.