En Espagne, des dépenses record pour le budget 2022

Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, à son arrivée au sommet européen en Slovénie, le 6 octobre 2021.

Avec plus de 248 milliards d’euros de dépenses sociales, l’Espagne a présenté, ce jeudi 7 octobre, le budget le plus ambitieux de son histoire pour faire face à la période post-pandémie. « La priorité est de consolider la reprise économique et que celle-ci soit juste, que nous profitions des fonds européens pour moderniser notre économie et notre société, afin qu’elle soit plus compétitive et plus soudée, a déclaré le président du gouvernement, le socialiste Pedro Sanchez, après que le conseil des ministres a approuvé le projet de loi de finances pour l’année 2022. Il s’agit de sortir de la crise non pas comme nous y sommes entrés, mais avec une Espagne plus durable, plus inclusive, plus numérique. »

Débloquer le texte n’a cependant pas été simple pour les socialistes, qui ont dû négocier âprement avec leur partenaire de coalition, le parti de la gauche radicale Podemos, avant d’obtenir son feu vert, mardi 5 octobre, après avoir cédé sur deux points en particulier.

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D’une part, le gouvernement approuvera, « dans les prochaines semaines », un projet de « loi de logement » qui permettra de baisser les loyers fixés par les « grands propriétaires » (les détenteurs de plus neuf biens immobiliers) dans les zones saturées, où le marché immobilier est sous tension, ou encore d’appliquer une augmentation de 150 % de l’impôt foncier sur les logements vides. Il réservera aussi 30 % des nouvelles constructions pour des logements sociaux.

D’autre part, l’exécutif mettra en marche une réforme fiscale pour que les entreprises ne paient pas moins de 15 % d’impôts sur les sociétés, afin d’éviter que les bonifications en tous genres ne réduisent à peau de chagrin la contribution fiscale des grandes multinationales.

Des négociations « difficiles »

« Le gouvernement gouverne et la coalition est en bonne santé. Le nouveau pays avance avec une coopération entre les forces progressistes et avec persévérance », s’est félicitée sur Twitter la ministre du travail, la communiste Yolanda Diaz, après des négociations qu’elle a reconnues « difficiles ».

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Concrètement, la loi de finances prévoit plus de 40 milliards d’euros d’investissements et de transferts de capitaux (+ 9 %) – « le plus grand investissement de l’histoire de l’Espagne », selon la ministre socialiste des finances, Maria Jesus Montero. S’y ajoutent 27,6 milliards d’euros provenant des fonds de relance européens, qui permettront notamment au pays d’investir dans la politique industrielle, la réhabilitation de logements et la régénération urbaine, la mobilité durable ou la transition énergétique. « L’année 2022 sera celle où les citoyens et les entreprises perçoivent, dans toute son ampleur, les effets positifs des fonds européens », a souligné Mme Montero.

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