En France, de gros retards dans les travaux de rénovation énergétique des bâtiments

Les chiffres donnent toujours le tournis, lorsqu’on évoque la nécessité de rénover l’ensemble des bâtiments d’ici à 2050 pour les rendre les moins énergivores possible. Car, qui dit bâtiment dit l’ensemble du bâti, c’est-à-dire, les logements, mais aussi les écoles, les mairies, les hôpitaux, les usines, les piscines, les bureaux… Soit des millions et millions de mètres carrés sur lesquels intervenir, en isolant murs et toitures, en changeant des chaudières, en remplaçant des fenêtres, le tout avec l’objectif de lutter contre le réchauffement climatique. Pour rappel, le secteur des bâtiments en France est le deuxième à émettre le plus de gaz à effet de serre (28 %). Il est aussi celui qui accuse encore beaucoup de retard au regard de la feuille de route fixée.

Le mouvement est pourtant enclenché, et le plan de relance, avec 7 milliards d’euros fléchés pour la rénovation énergétique, a donné un bon coup d’accélérateur. Mais la plupart des réserves émises dans les rapports, notamment celui du Haut Conseil pour le climat de novembre 2020, ou celui d’Olivier Sichel, directeur général délégué de la Caisse des dépôts, en mars 2021, demeurent : les financements sont là, mais il faudrait les démultiplier, les pérenniser et veiller à leur bonne utilisation.

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Or, dans la très grande majorité des cas, les subventions versées ne sont pas conditionnées à un niveau de performance à atteindre. Et aucun contrôle n’est réalisé une fois les travaux terminés. Ce qui fait dire à Maxime Ledez, chargé de recherche à l’Institut de l’économie pour le climat, qu’« entre l’objectif très ambitieux du gouvernement pour 2050 et les pratiques actuelles il n’y a pas encore d’alignement ». Ou, à Andreas Rüdinger, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales, qu’« il y a beaucoup d’argent dépensé, mais qu’il faut réfléchir à centrer les aides vers des rénovations plus performantes ».

Rénovations par à-coups au détriment de la rénovation globale

Le dispositif MaPrimeRénov’, pour les particuliers, est un bon exemple. Son déploiement à grande échelle, depuis le printemps 2020, est un succès, c’est même la Cour des comptes qui le dit. Le dispositif « répond bien aux objectifs de massification de la rénovation énergétique », ont souligné les magistrats. Ces derniers déplorent toutefois l’absence de visibilité après 2023. Et ont relevé, comme d’autres, que les rénovations par à-coups sont privilégiées, au détriment de la rénovation globale, certes plus exigeante, mais jugée plus efficace.

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