En France, depuis la pandémie, les villes moyennes ont la cote

La ville de Blois, en 2016.

Les villes moyennes ont la cote. La crise sanitaire du Covid-19 a considérablement modifié les modes de vie, notamment dans les métropoles, en raison de l’essor du télétravail, et entraîné un regain d’attractivité en faveur des villes de taille plus modeste, à condition qu’elles offrent une panoplie de services adaptée. C’est un phénomène marquant au regard des tendances enregistrées ces dernières décennies : les villes moyennes ont enrayé la spirale du déclin.

Le congrès de Villes de France, l’association réunissant les élus des communes de 10 000 à 100 000 habitants et leurs agglomérations, qui s’est ouvert jeudi 8 juillet à Blois, en présence du premier ministre, Jean Castex, en a offert une nouvelle illustration avec l’enquête présentée par l’IFOP à cette occasion. Selon cette étude (réalisée auprès d’un échantillon de 1 000 personnes du 27 mai au 3 juin), 30 % des actifs résidant dans de grandes agglomérations envisageraient de déménager de leur logement actuel. Et le type de ville privilégié, pour près de la moitié de ceux qui l’envisagent (48 %), est une ville moyenne.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Calme, coût de la vie, espace… Les villes moyennes tiennent leur revanche

Certes, l’étude, réalisée auprès d’un échantillon de taille modeste et avec un prisme a priori favorable aux commanditaires de l’enquête (Villes de France, l’Agence nationale de cohésion des territoires et la Banque des territoires) est à prendre avec des pincettes. Il n’empêche qu’elle confirme d’autres enquêtes, menées notamment dans le secteur immobilier, montrant que ces villes moyennes ont le vent en poupe. Depuis le début de la crise, le volume de vente de biens immobiliers n’a cessé d’y augmenter, et les prix sont repartis à la hausse.

Revitalisation grâce au programme Action cœur de ville

« Nous sommes des villes à taille humaine, des villes à la campagne, qui offrons des services publics et une qualité de vie, défend la présidente de Villes de France, Caroline Cayeux, maire (divers droite) de Beauvais. Cette envie de ville moyenne, qui avait commencé avant le confinement, s’est accentuée avec la crise. » Par rapport au précédent baromètre annuel, le nombre d’actifs résidant dans de grandes agglomérations souhaitant déménager de leur logement actuel a crû de 7 points.

Un tournant sociologique ? Peut-être. Un tournant politique, aussi, opéré sous cette législature avec le lancement, dès 2017, du programme Action cœur de ville, un dispositif doté de 5 milliards d’euros, cofinancé par la Banque des territoires, Action logement et l’Agence nationale de l’habitat destiné à revitaliser les centres-villes de ces communes chefs-lieux de taille moyenne qui périclitaient, asphyxiées par les métropoles drainant l’essentiel des activités, les centres commerciaux qui prospéraient à leurs limites, et atteintes par la fermeture de services et d’établissements publics de proximité.

Il vous reste 50.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.