En images : le photographe Marc Riboud fait escale au Musée Guimet

Ancien membre de l’agence Magnum Photos et ami intime de l’éditeur Robert Delpire (1926-2017), le photographe français Marc Riboud (1923-2016) fut l’auteur d’images emblématiques, comme La Fille à la fleur, réalisée en 1967, et Le Peintre de la tour Eiffel, prise en 1953 à Paris.

Intitulée « Marc Riboud. Histoires possibles », cette exposition – qui a lieu jusqu’au 6 septembre au Musée Guimet, à Paris – propose un parcours de près de cinquante ans sur tous les continents, des premières photographies prises à Lyon (la ville de son enfance) à l’Asie.

Cette rétrospective marque l’entrée de son œuvre dans les collections nationales – fruit d’une rencontre, en 2013, avec Catherine Riboud Chaine, femme du photographe et belle-sœur de deux grands donateurs du musée, les époux Jean (1919-1985) et Krishnâ Riboud (1926-2000).

Catherine Riboud Chaine commente ici une sélection de photographies présentées dans le cadre de cette exposition.

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« British Museum ». Grande-Bretagne, 1954.

« A peine entré à l’agence Magnum, à Paris, Marc Riboud, encouragé par Robert Capa, part un an en Angleterre. Solitaire, il visite les musées, la ville qui renaît malgré les destructions et la pauvreté d’après-guerre. Ici, au British Museum, un homme élégant admire un cheval grec. Peut-être avant d’aller aux courses… »

« Huang Shan ». Chine, 1985.

« Zao Wou-ki avait dit à Marc Riboud : “Il faut aller à Huang Shan. Ça ne se raconte pas, il faut le voir.” Et Marc Riboud y est allé en 1984, avant d’y retourner cinq ou six fois, bouleversé par la beauté du lieu, qui avait déjà inspiré les grands peintres chinois de l’époque Song. Noyés par la brume, les pics rocheux s’élèvent, hérissés de pins qui poussent à même le roc, formant un paysage unique au monde. »

« L’Ancienne Ville impériale de Hué après le bombardement de mai 1968 ». Vietnam du Sud, 1968.

« “Hué restera le Guernica du Vietnam”, écrivait Marc Riboud dans Le Monde du 13 avril 1968, revenant de dix jours passés dans la ville en ruines. La terrible offensive du Têt, puis la riposte américaine avaient pratiquement détruit l’ancienne capitale impériale, faisant des milliers de morts parmi les soldats des deux côtés, et tuant des centaines de milliers de civils. Dans ce paysage dévasté, la femme dans sa longue robe, qui porte avec élégance ses deux paniers évoque à elle seule la culture aristocratique qui régnait dans la ville. »

« Le Peintre de la tour Eiffel ». Paris, 1953.

« C’est la photographie d’un jeune provincial de 30 ans Marc Riboud monte à Paris et voit que la Dame de fer est en train d’être repeinte. Elève appliqué d’Henri Cartier-Bresson, il utilise un viseur qui inverse l’image. Il voit alors ce danseur la tête en bas, et fait la photographie que Capa vendra à Life et qui le fera entrer à l’agence Magnum. »

« Lutteurs à Téhéran ». Iran, 1955.

« En 1955, avec la vielle Land Rover de son ami George Rodger, Marc Riboud part de Beyrouth pour aller jusqu’à Calcutta par la route. Ici, en Iran, il photographie des lutteurs à l’entraînement. Lutteurs qui, pour le plaisir du photographe épris de géométrie, forment un cercle avec leurs corps. »

« Passe de Khyber ». Afghanistan, 1956.

« Le Khyber Pass, à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan, a vu passer les invasions barbares, les armées d’Alexandre et tous les guerriers de la région. Mais, ce jour de 1956, c’est un paisible cycliste qui passe le col tandis que Marc Riboud, le regard espiègle, hésite entre la route des voitures et le sentier des chameaux et des ânes. »

« Paysanne dans le train ». Chine, 1957.

« Un jour de janvier 1957, Marc Riboud entre pour la première fois en Chine, via Hongkong. Et c’est dans le train qui se dirige vers Canton qu’il photographie cette gracieuse paysanne. Marc Riboud avait cet art de capter la beauté des gestes, comme suspendus dans le temps. »

« Préparatifs du festival de Kali à Calcutta ». Inde, 1956.

« En 1956, Marc Riboud passe un an en Inde. De Chandigarh à Darjeeling, de Bombay à Bénarès, il parcourt le pays en cherchant des sujets pour la presse, et l’agence Magnum. A Calcutta, il photographie les préparatifs du festival de Kali. »

« Rue Liulichang à Pékin ». Chine, 1965.

« Posté à l’intérieur d’un magasin d’antiquités, Marc Riboud observe la vie de la rue et semble prendre trois photos en même temps. Le regardeur est regardé par les deux fillettes de chaque côté, et par l’homme assis sur une marche, tandis que la vie continue dans chaque cadre. »