En mal de croissance, « Médiacités » a besoin de nouveaux abonnés

« Si nous ne parvenons pas à réunir 2 000 nouveaux abonnés avant la fin de l’année, Médiacités cessera de publier en 2022. » Alarmiste, le message envoyé sur Twitter, mardi 21 septembre, par le média en ligne consacré à l’investigation locale était celui « que nous redoutions d’écrire », reconnaissent ses dirigeants. Car, après près de cinq années d’existence couronnées par « plein de prix », « on est entrés dans le paysage, mais on n’est pas encore sortis d’affaire », explique Jacques Trentesaux, le cofondateur de cette entreprise solidaire d’information et rédacteur en chef du titre.

Depuis sa naissance à Lille, fin 2016, Médiacités connaissait une « croissance lente, mais régulière » du nombre de ses abonnés. Or, depuis le mois d’avril 2021, « il y a une sorte de plateau » qui empêche de voir plus loin. Alors que le média vivrait sereinement s’il comptait 2 000 abonnés dans chacune des métropoles où il est implanté (Lille, Lyon, Toulouse et Nantes), il n’en rassemble que 4 500, débiteurs de 7 euros par mois ou 60 euros par an.

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« C’est mauvais pour nous, car ce que nous vendons à nos actionnaires, c’est un équilibre à un horizon pas trop lointain », reconnaît M. Trentesaux, ancien journaliste de L’Express. Aucun de la quarantaine d’actionnaires (beaucoup de « particuliers aisés qui partagent les valeurs que l’on porte ») ne possède plus de 5 % du capital, pas même Mediapart ni Indigo Publications (La Lettre A, Intelligence Online, etc.). La dernière levée de fonds, qui s’est achevée le 15 septembre, n’a permis de rassembler que 260 000 euros, là où 450 000 euros étaient espérés. Médiacités souhaitait aussi séduire un fonds d’investissement à impact social, ce qui ne s’est pas produit. « La presse est un peu trop politique pour eux », regrette Jacques Trentesaux.

Fidéliser les lecteurs

Acculé à trouver des solutions, le média en ligne a adopté à la rentrée une nouvelle stratégie : au lieu de se développer par l’ouverture d’une nouvelle rédaction (Montpellier ou Bordeaux étaient envisagées), l’équipe s’est étoffée à Lille, passant de deux à quatre journalistes, sans compter les pigistes. Objectif : publier de nouvelles informations tous les jours plutôt qu’une grosse enquête par semaine, afin de fidéliser les lecteurs.

« La difficulté, pour ces médias, c’est de faire savoir qu’ils existent », souligne Julien Kostrèche, le cofondateur du Festival de l’info locale, dont la troisième édition s’est tenue les 23 et 24 septembre, à Nantes. Inlassablement, il faut continuer de gagner en notoriété, les scoops ne suffisant pas – comme lorsque Médiacités a révélé, fin 2016, une prise illégale d’intérêts de la part du maire de Valenciennes, Laurent Degallaix.

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